‹ Œuvres de Louise Labé (volume 2)Chapitre 12 sur 42 · DEVOIR DE VOIR · texte numérisé non relu

DEVOIR DE VOIR

A celle qui n'eft feulement à foy belle.

Si le Soleil ne peut toufiours reluire. Fuir ne faut pourtant tout ce qui luit. Car jt au Ciel quelqu autre Jlamme duit. Sans le Soleil peut bien la clarté luire.

Mais quoy? fans lui, las ! on la veut réduire Au Jeul plaijir d'un Ajîre radieus, Qpi autre part d'efclairer enuieus.

Par ce moyen peut à la clarté nuire.

Las! quel Climat lui fera donq heureus. N'ayant faueur que par l'AJlre amoureus, Ou viue meurt cette lueur première?

Si d'autre e/poir de fa propre vertu N'eji par effet fon lujîre reuétu.

Sous tel Phebus s' efteindra fa lumière.

DEVOI R DE VOIR.

Autre à elle mefme.

yoye:(. Amans, voye\Ji la pitié

A monfecours or' à tort ie reclame :

Du haut, ou bas, rien n'efi, fors ma poure ame,

Q]ii n'ait goûté quelque fruit d'amitié.

Par quel dejlin, lasl toute autre moitié La mienne fuit? fuiuant l'ingrate trace De celle là, dont efperant la grâce.

Acquis ie n'ay que toute inimitié?

O douce Mort (à tous plus qu'àfoy belle) A ta clarté ne fois ainjî rebelle, Ains doucement la fais en toy mourir:

Si tu ne y eus par façon rigoureufe Sans aliment la rendre tenebreufe ; Car ia l'ejleint, qui la peutfecourir.

A D. Louïze, des Mufes ou première ou dizieme couronnante la troupe.

Nature ayant en fes Idées pris

Vntelfuget, qu'il furpajf oit f on miens: De grâce elV ùt pour l'illujîrer des Dieus Otroy entier du plus fupernel pris :

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Dont elle put l'Vniuers rendre efpris.

Ouvrant l'amas des injlu^ bienheureus, Duquel le rare épuré par les Cieus Atire encor le bien né des efprits.

Dieus qui foufre-ç flamboyer tel Soleil A vous égal, à vous le plus pareil, Témoin le front de fa beauté première,

Permettre^ vous chofejî excellente Patir l'horreur d'Atrope paliffante.

Ne la laijjant immortelle lumière?

d'immortel ZELE,

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