DES BLASPHÈMES CONTRE J. C. CONTENUS AU
LIVRE DE M. Jehan Calvin, intitulé Congratulation A MESsiRE Gabriel de Sacconay, precenteur de Lion. Lequel dernier livre s'il n'estoit imprimé au temps dud. testateur veuit et ordonne qu'on le fasse imprimer à part premièrement et ensemblement avec les autres, du tout sans chercher aulcune louange mondaine, Dieu le sçait, mais pour l'honneur de Dieu et de son Eglise et admendement. . . etc. »
Cette Congratulation â vénérable Prestre, Messire Gabriel de Saconnay, Precenteur de l'Église de Lyon, était une réponse à la Préface mise par lui à une nouvelle édition du livre ayant pour titre : Assertio septem sacramentorum adversus Martinum Lutherum adita ab invinctissimo Henrico ejus nominis octavo. Apud inclytam
urbem Londinum, in adibus Pynson, ann. MDXXI. (In-4% 78 feuillets). Calvin parlant de cet ouvrage dit dans sa Congratulation (p. 10) : « Ce livre donc fut basti par quelques moines et caphards et gens addonnez à babil et contention. Et le Roy estant persuadé par mauvais conseillers, souffrit qu'on l'imprimast en son nom. Or pour ce qu'il s'est depuis repenti de ceste ardeur inconsidérée, et que le livre estoit si lourd et si fade que la mémoire en pouvoit estre incontinent abolie, il est demeuré enseveli par l'espace de trente ans. »
L'édition lyonnaise de l'œuvre du royal auteur, avec une préface du chanoine G. de Saconay, souleva des tempêtes et fît l'objet d'un incident diplomatique. Le 12 août i$6i, Trockmorton, ambassadeur d'Angleterre à Paris, dénonçait cette préfacée Calvin. Théodore de Eèze et Nicolas des Gallards réclamaient des poursuites et voulaient que « Saconay fût appelé et livré en procès pour son livre. » Trockmorton modéra cette ardeur, disant : a II se trouve quelques fautes aucunes fois, lesquelles se remédient et se réparent plus pertinemment par silence que par procès. » Cet avis prévalut, et Catherine de Médicis remit, le 8 octobre 1 5 6 1 , à l'ambassadeur anglais, le curieux procès-verbal que voici :
a Nous, Guillaume de Gadaigne, baron de Saint- Victor, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, seneschal de Lyon, et lieutenant pour sa majesté au gouvernement de Lyonnois, sçavoir faisons que nous, ayant receu les lettres missives du dit seigneur soussignées par sa majesté et scellées de son cachet, à nous
adressans en date du XV' jour de septembre, l'an présent MVLXI, par lesquelles nous est mandé exhiber et défendre au libraire qui a imprimé certain livre intitulé : Régis Anglia Henrici hujus nominis octavi assertio septem sacramentorum adversvs Martinum Lutherutn, avec une préface de M. Gabriel de Saconay, de vendre, ni exposer en vente, ni encore en pays estrangers pour y estre vendu le dit livre, jusques à ce que la dite préface aura esté reformée en certains endroitz plus à plein déclarez par les dites lettres, sur peine de confiscation de tous les ditz livres, et de punition corporelle, avons ce jourd'huy, vingt-troisiesme des ditz mois et an, mandé venir par devant nous Guillaume Rovilie, marchant libraire demeurant à Lyon, sous le nom duquel on dit le dit livre avoir esté imprimé, et pareillement avons mandé venir le dit M. Gabriel Saconay, auxquels comparans par devant nous, avons fait entendre la volonté du roy, leur exhibant les dites lettres et d"icelles faisant lecture, suivant lesquelles avons prohibé et défendu au dit Rovilie de vendre ou exposer en vente, ni envoler dehors pour vendre ce dit livre par luy ou par interposite personne, sur les peines contenues ez dites lettres, jusques à ce que la dite préface aura esté réformée ez 1111»% IIII», et IIIl»^ III» feuilletz d'icelles. Et avons enjouint au dit de Saconay, suivant la volonté du dit seigneur, de reformer la dite préface ez ditz endroitz et de supprimer ou bien changer ce qui semble offenser la mémoire du dit feu roy Henry, huitiesme d'Angleterre, en ce qu'il parle du repudiement de sa première