II
ijS
p. I}, l. 5. — Claude de Rubys, historien et homme politique lyonnais, dont il sera question plus loin.
P. 14, l. 19. — Voici le titre de ce rare volume: L'Art poétique, de Jacques Peletier du Mans départi en deux livres. A Lyon, par leande Tournes et Guil. Ga^tau, 15^5.
Ce titre est incomplet, en ce qu'il n'annonce pas qu'à la suite de l'Art poétique il y a une série de pièces en vers qui composent le second livre. C'est aux pages 108 et log de cette seconde partie que se trouve VOde à Louise Labè Lionnoise.
P. 14, l. a8. — La Chanson nouvelle de la Belle Cordière, dont l'auteur nous est inconnu, et YOde à Sire Aymon, par Olivier de Magny.
P. 15,1. 16. — Guillaume Paradin, doyen du chapitre de Beaujeu, historien lyonnais, né vers 1510, mort le ig janvier 1590, d'après le Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire.
P. 17, l. 10. — A la date du 9 novembre 1 588, c'est-à-dire vingtdeux ans après la mort de Louise Labé et trente-trois après l'époque où elle « florissait, » le Consulat délivre à noble homme M* Antoine du Verdier, seigneur de Vauprivas, un certificat portant qu'il est habitant de Lyon depuis plus de dix ans, « attendu que, pour son habitation ordinaire, il y a acquis une maison, et, quoique pour ses affaires particulières il fasse séjour hors la ville, il ne laisse par d'aller ou envoyer au guet et garde, et de contribuer aux affaires de la ville comme vray habitant. »
P. 18, l. a. — Le premier article de Sainte-Beuve a paru dans la Revue des Deux-Mondes du 15 mars 1854 et, dans les œuvres complètes du grand critique, on l'a imprimé au milieu des Portraits contemporains. Le second article a été publié par le Constitutionnel du 23 février 1863, et il a été reproduit dans la Bibliographie des livres relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, etc., Turin, 1872, t. IV, art. L. Labé. Seulement — et je signale cette singulière citation aux auteurs qui signent le comte d'I... — l'article est donné comme tiré du Journal des Débats et dû à la plume de Jules Jaoin.
P. i8, 1. 34. — Jacques Pernetti, chevalier de l'Église de Saint- Jean, né à Chaxtlles-en-Forez vers 1696, mort à Lyon le 16 février 1777, d'après Breghot du Lut et Péricaud. C'était un de ces laborieux compilatturs d'autrefois qui ont commis quelques inexactitudes parce qu'ils ont beaucoup travaillé, mais dont quelques modernes redresseurs de torts sont les premiers à consulter les travaux. Les Lyonnais dignes de mémoire parurent en 1757.
Quelques années avant, C.-J. de Ruoltz avait lu à l'Académie de Lyon (août 1746) un Discours sur la personne et les ouvrages de Louise Labé Lyonnaise, imprimé à Lyon, chez Dekroche, en
P. ig, l. I. — Entre autres ouvrages, M. Monfalcon a écrit, avec toutes les apparences extérieures d'une vaste érudition, une Histoire monumentale (sic) de la ville de Lyon, 8 vol. gr. in-4*. Cette lourde, sèche et souvent inexacte compilation est magnifiquement imprimée.
P. 19, 1. <). — Voir, par exemple, dans les Œuvres romantiques de M. le vicomte de Chateaubriand avec une notice sur sa vie politique et littéraire et des nouvelles historiques servant d'annotations à ses ouvrages, par M. D*** de S. E***. Paris, chez Its marchands de nouveautés, pet. in-8°, tome V', pp. 39 a 84.
P. 19, I. 24. — Paris, 1860, pp. 1637 et suivantes.
P. 20, I. I. — Déjà en 183 1, dans ses Nouveaux Mélanges, Breghot du Lut avait indiqué dans Olivier de Magny un des plus grands admirateurs de Louise Labé. C'est lui aussi qui a découvert l'Ode à Sire Aynion et quantité de détails très menus, mais très intéressants, utilisés sans indication de source dans les notices publiées depuis. Il est à propos do se servir des recherches de Cochardjde Péricaud et de Breghot du Lut, mais il n'est pas moins à propos de les remercier de la peine qu'ils ont évitée à leurs successeurs.
P. ao, I. 28. — <i C'est à peu prés tout ce dont la félicitent les poètes qui l'ont d'abord célébrée, » dit M. Blanchemain. Mais à
quel moment fut composée chacune des vingt-six poésies à la louange de Louise Labé qui nous sont parvenues ? Il est impossible de répondre à cette question, parce que toutes ces poésies, dont aucune ne porte de date, ont été imprimées en 1555 du vivant de leurs auteurs. Et cependant, à moins d'y avoir répondu, comment distinguer les vers « qui l'ont d'ahord célébrée, » et, par conséquent, reconnaître si les éloges donnés à «on talent de musicienne sont antérieurs à 1^50, et si les louanges prodiguées à son talent de poète sont de trois ou quatre ans plus voisines de nous?
P. 31, 1. II. — Les recherches les plus minutieuses pour trouver la moindre trace de ce passage de Jean d'Avanson à Lyon ou dans le voisinage *ont demeurées sans résultat.
P. 21,1. 14. — La première publication d'Olivier de Magny est, si je ne me trompe, un hymne sur la naissance de la fille d'Henri II en 1553. Je ne vois pas ce qu'avait fait Olivier vers 1550, pour pouvoir, à cette époque, éclipser les Scève et les Taillemont, « ces grands poètes, » comme on disait alors.
P. 22, 1. 13. — L'intervention de Claude de Rubys en cette histoire est fondée uniquement sur les deux strophes suivantes de l'Ode à Sire Aymon:
O combien je t'estime heureux Qtji vois les trésors plantureux De ton espou^e ma maistresse !
Qui la vois si souvent baler Et qui l'ois si souvent parler!
Et qui vois si souvent encor Entre ces perles et cet or.
Un rubys qui luyt en sa bouche, Pour adoucir le plus farouche.
Mais un rubys qui sçait trop bien La rendre à soy sans estre sien !
Ce n'est des ruby» qu'un marchant Autre aux Indes va cerchant.
Mais un rubys qu'elle décore Plus que le rubys ne l'honnore.
Fuyant ingrat à sa beauté Les apastz de sa privaulté.
Évidemment ce mot de ruhys n'est pas répété avec tant d'insistance sans une raison qui nous échappe peut-être. Cependant je suis prêt à confesser ma naïveté grande devant toute personne qui m'expliquera comment ces deux vers :
Un rubys qui luyt en sa bouche Pour adoucir le plus farouche
peuvent renfermer une allusion au futur historien de Lyon.
Quant à l'épithète de brillant qui lui est donnée, je ne vois rien qui la justifie. A cette époque, c'est-à-dire antérieurement à 1 559, Claude de Rubys n'avait encore rien publié. Il me semble que sa première publication est un petit pamphlet cité par Du Verdier avec la date de 1566.
11 est encore permis de se demander si vraiment, à l'époque où M. Blanchemain place la « liaison » de Louise Labé avec Claude de Rubys, c'est-.n-dire peu après 1^5$ — supposons 1557 — le futur pèlerin de Notre-Dame-de-Lorette était d'âge à être un rival pour Olivier de Magny.
Plusieurs écrivains lyonnais disent que Rubys est né en 1555, et pour donner cette date ils se fondent sur une phrase de son Histoire de Lyon parue au commencement de 1604, phrase dans laquelle il se dit» ja tantost » septuagénaire. Mais puisqu'il dit « ja tantost, » c'est qu'il ne l'est pas encore, et comme il cherche, dans cette circonstance, à se rendre intéressant, il faut supposer que le « ja tantost» signifie dans quelques années. Un homme qui/ait argument de sa vieillesse peut bien, à soixantecinq ans, se dire « ja tantost septuagénaire. »
D'ailleurs, Péricaud, qui a le tort de ne pas citer ses sources,
mai» qui doit être cm sur parole jusqu'à preuve du contraire, nous dit qu'en 1^66, date, selon lui, de la mort de Louise Labé, il avait environ vingt-sept ans. Il serait donc né, non pas en 1555, mais en 1559, et il aurait non pas vingt-quatre ans, mais dix-huit en 15^7; à mon humble avis, la Belle Cordière n'était alors ni assez jeune ni assez mûre pour s'éprendre — si elle voulait s'éprendre — d'un « petit garsonneau, » suivant une de ses expressions.
Enfin, Claude de Ruby» lui-même, à propos de la mort de Clémence de Bourges arrivée peu après le }o septembre 1562, nous dit qu'il était à cette époque un « jeune escolier, » et il donne à entendre assez clairement qu'il était du même âge que M"» de Bourges. Malheureusement nous ignorons la date de la naissance de cette charmante jeune fille. (Voir la note sur la famille de Bourges, ci-après.)
De tous ks témoignages recueillis, il résulte cependant que Clémence de Bourges mourut très jeune, vers içô), et queRubys était à peu près de son âge; il est donc probable que la date indiquée par Péricaud se rapproche de la vérité et que le jeune escolier de 156) n'était pas encore, en 1557, de taille à tenir le rôle qu'on lui attribue.
P. aj, I. 12. — Louise Labé a écrit dans son XXlir sonnet;
Las! que me sert que si parfaitement Louas jadis et ma tresse dorée Et de mes yeux la beauté comparée A deux soleils...
M. Blanchemain rapproche ces vers des vers suivants d'Olivier de Magny :
Elle est à vous, belle maîtresse.
Cette belle et dorée tresse.
Qui ferait honte aux mêmes ors El ces yeux deux astres ensemble...
Ne pourrait-on pas tout aussi bien rapprocher la strophe de Louise Labé de ces vers de Meiiin de Saint-Gelais:
Ceux là diront que les rays de vos yeux
Font devenir le soleil envieux
Et que ce sont deux astres reluisants.
' De vos cheveux, c'est moins que de raison De faire d'eux à l'or comparaison...
Rien de plus banal que ces deux images. Tous les poètes du XVI" siècle, et même fort avant dans le xvil', les ont prodiguées, témoins encore ces vers que l'on a tant reprochés à Laugier de Porchères, sur les yeux de Gabrielle d'Estrées:
Ce ne sont pas des yeux...
Mais deux soleils clairement radieux.
Dont les rayons irillans nous offusquent la veue.
Et ceux-ci, du même, sur les cheveux de la même beauté:
Beau poil, n'ètes-vous pas la rivière pactole Qui flotte précieuse en riches ondes d'or?
P. 34, 1. 7. — Ce renseignement, à propos de la date du départ de Jean d'Avanson, m'est obligeamment fourni par M, Joseph Roman, si fort au courant des hommes et des choses du Dauphiné. Mon ami J. Favre, d:ins son travail si complet sur Olivier de Magny, arrive par une autre voie à une conclusion presque analogue. Il écrit: « L'année même C'îîî) °^ " accepta la dédite cace de la traduction de Salel, d'Avanson, sur la demande de « Diane de Poitiers peut-être, fut envoyé à Rome en mission « secrète auprès du pape Jules III. Ce fut probablement vers la «fin de cette année. En effet, il emmenait avec lui en qualité de « secrétaire Olivier de Magny. Or le poète n'était entré défini - « tivement dans la maison de d'Avanson qu'après avoir fait im-
«primer \i traduction de l'Iliade dont le Privilège est du 25 «juillet 15^3. >• (Voir Olivier de Magny, par Jules Favre. — Paris, Garnier, 1885.)
P. 26, 1. 7. — Dans les actes relatifs au père, aux frères et aux neveux de Louise Labé, ou trouve Charlieu, de Charlieu, Charlin ou Charliu, Charly, Charlie, Cheylieu et Chirrieu. La forme généralement usitée par les biographes modernes est Charly. J'ai cru devoir adopter celle de Charlieu, la plus ancienne et la plus fréquente. Le nom de Labé est écrit également de diverses manières : Labhe, Labé, L'Abbé et même Labe. Toutefois on ne saurait hésiter sur l'orthographe de ce nom, Louise ayant signé son livre et sa lettre à Clémence de Bourges Labé.
Voir a {'Appendice le» renseignements complémentaires sur la famille de Louise Labbe.
P. 26, 1. 13. — «Un acte de 1524, dit Cochard, m'apprend que Charlieu était veuf d'Antoinette Deschamps alias Compagnon; qu'il en avait trois fils, Barthélémy, François et Mathieu; ainsi Louise n'est née que postérieurement et d'un second mariage. y> (OEuvres de Louise Labé. Éd. de 1824, note de la page XXVIll.)
Le savant et consciencieux Lyonnais doit être cru sur parole, quand il nous dit avoir vu cet acte, que je n'ai pas retrouvé; mais je m'explique difficilement, de la part d'un chercheur aussi prudent, la dernière partie de sa note. Puisqu'il connaissait seulement le mariage de Charlieu avec Étiennette et puisqu'il en supposait un autre, cet autre pouvait être antérieur, aussi bien que postérieur. Ensuite, de ce qu'un acte mentionne les trois fils d'une femme, il ne s'ensuit pas absolument que cette femme n'ait pas eu de fille, surtout à une époque où les filles tenaient si peu de place, du moins dans les actes.
P. 26, 1. 16. — D'une part, dans l'acte de 1524, cité par Cochard, la femme dont Pierre Labé était veuf à cette époque et que ce biographe croit être la première s'appelle Etiennette Deschamps alias Compagnon, Cette Étiennette est évidemment la « femme en deuxièmes noces, » qui est appelée Etiennette Roybet
dans l'accord de 1558) puisque la première, c'est-à-dire la veuve de Jacques Humbert inconnue à Cocbard, était prénommée Guillermit ou Guillermette en latin GuilUrma, D'autre part, en 1515, nous trouvons Labé propriétaire d'une vigne « qui fut de Benoît Compagnon » et qui est confinée par deux parcelles de terre relevant de deux directes différentes, parcelles dites l'une de Benoît Deschampt, l'autre de Benoît Compagnon. Benoît Dtschamps et Benoît Compagnon forment évidemment une seule personne dénommée différemment dans chacun des deux registres de Directes.
En rapprochant ces indications, on a le droit de penser que la vigne de Labé lui venait de sa seconde femme, Étiennette Roybet, alias Deschamps, aliat Compagnon, et par conséquent que son mariage avec elle existait déjà en 1515; mais, comme dans les dénombrements antérieurs à 151 5, la terre de la Gela ne figure pas parmi ses propriétés, il faut croire qu'il ne la possédait que depuis peu.
P. }8, 1. a8. — Bien qu'à cette époque le tènement de Btllecour fût encore une propriété privée, il se prêtait tout particulièrement à ces exercices. Dans le Dialogue de deux escoliers, imprimé en 1 5O) à la suite de la Pratique de l'orthographe française, avec la manière de tenir livre de raison, etc., par Claude Mermet, on lit : «Je m'en voy jusques en la place de Belle-Cour, pour y voir piquer des chevaux par un écnyer italien nouvellement venu en ceste ville, lequel s'en acquitte fort dextrement. » (P. 109.)
P. )9, 1. ag. — Mellln de Saint-Gelais, fit des vers « Four des chevaliers que des masques vestus en amazones menoyent sur les rangs au tournoy de la royne Catherine, en 1548. »
Mon ami, M. de Berluc-Pérussis, veut bien me faire remarquer qu'un siècle plus tard eut lieu à Die un tournoi en tous points semblable à celui que je crois avoir été tenu à Lyon en 1543 :
« En juin 1681, m'écrit-il, la noblesse protestante de Die simula le siège de la maison de Chamarges , appartenant à M. Ducros, petit-fils d'un conseillbr au Parlement.
« On feignit une lettre de cachet, que M, de Sallières, com-