A SIRE AYMON
Si Je foulais par quelfue effort Pourchasser la perte, ou la mort Du sire Aymon^ et f eusse envye Qy« sa femme liyfut rarie,
çS APPENDICI.
Ou qu'il entrast en quelque ennuy Je seroii ingrat envers luy.
Car alors que je m* en fois veoir La leaulté qui d'un dêust pouvoir Le eueur si doucement me Irulle, Le hon sire Aymon se reculle.
Trop plut ententif au long tour De ses cordes, qu'à mon amour.
Ores donq'ilfault que son heur.
Et sa constance et son honneur Sur mon luth vivement /accorde, Pinsetant l'argentine corde Du lue de madame parfaict.
Non celle que son maryfaict.
Cet Aymon de qui quatre Jil^ Eurent tant de gloire jadis, Ifeust en sa fortune ancienne Fortune qui semble à la tienne.
Sire Aymon, car sans ses enfans Il n*eust poinct surmonté les ans*
Mais toy sans em avoir onq'eu.
As en vivant si bien vaincu Vejfort de ce Faucheur avare, Qyr quand ta mémoire si rare Entre les hommes périra.
Le Soleil plus ne reluira.
O combien je t'estime heureux !
Qui vois les trésors plantureux.
De ton espou^e ma mais très te, Qyi vois Vor de sa blonde tresse.
Et les attraictz délicieux Q]^ Amour descoche de ses yeux,
Qyi vois quand tu veulx ces tourciZt Sourei^ en hebeine noircizt Qui vois les beaulte^ de ta/ace.
Qui vois et contemples sa grâce.
Qtfi la vois si sow«nt haUr, Et qui Voit si sowftnt parltr.
Et qui vois si souvent encor.
Ou Vtnus eath* /«n trëndont Mais tu n* as point é^ autre guerdên.
Puisses tu feoir souvent ainsi Les teauUei et grâces aussi Soit de sou eotpst soit de safaee, Etpuisse-je prendre en ta place Les doux plaisirs et les eshatz Qy*on prend aux amoureux comiat^.
Et tousjours en toute saison. Puisses tu veoir en ta maison Maint et maint hrave capitaine.
Ose sa heaulté chez '<7 ^neine.
Et tousjours, sire Aymon, y reoir Maint et maint homme de sçavoir.
Et lors qttarec ton tablier gras Et ta fuenoille entre les iras Au hruict de ton tour tu ^esgayes.
Puisse elle tousiours de mes playes, Q^ fay pour elle dans le cueur.
Apaiser la douce langueur.