DEUXIÈME PARTIE
fleuves, il y a toujours une source commune d'où dérivent tous les ruisseaux des traditionSé La pluie féconde la terre; l'atmosphère puise dans; les mers , ce quelle nous rend en fertiles rosées; lès ^ fleuves descendent des montagnes pour renouveler lèsv inépuisables trésors des mers. Le traité de Diis et Mundo , qui n'est point de Salluste le dernier philosophe cynique , né à Émèse en Syrie dans le VP siècle , mais, selon Brucker, d'un autre Salluste, philosophe gaulois du commencement du IV® siècle , ce traité , nommé par le P. Kircher un livre d'or, dit très bien que l'univers est un grand mythe.
Quand le genre humain était livré à l'idolâtrie, l'idée d'un Dieu unique reposait dans le peuple hébreu et dans la pensée des sages des autres nations ; quand le genre humain était livré à la barbarie et à l'inculture, la Grèce produisait les chéfe-d'œuvre des arts de l'imagination : les Spartiates, au milieu de la Grèce mobile et progressive, conservateurs des traditions aristocratiques primitives, conservateurs du droit héroïque. Ce que fiit Sparte pour la Grèce, le patriciat le fut pour l'état romain , qui devait être le monde. C'est l'Orient qui accomplit encore cette loi à l'égard du genre humain.
Si rOrient vient à entrer dans le mouvemeiJl progressif, les destinées humaines marcheront vers
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leur dernier accomplissement. Dëja il est ébranlé par la secousse la plus violentequ'il ait jamais reçue. Les conquêtes mythiques de Bacchus furent un premier ébranlement; les guerres héroïques d'Alexandre furent un second ébranlement.
Alexandre y inhabile à résoudre le sil^icieux problème de l'Orient , voulut trancher avec son épée un nœud que la science seule pourra dénouer.
Le germe contenu dans un simple gland produit j un grand chêne. La lithc^raphie appliquée à la multiplication des livres orientaux doit soulever un jour l'Orient; et le jour où les Hvres sacrés des Indiens , aussi bien que le Coran , seront reproduits 1 et popularisés , ce jour^là l'Orient^ qui ttera aa civ ilisation fixe et immobile. L'examen et la discussion altèrent Fimmobilité des institutions et des traditiQns. Vdilà pourquoi une langue ne change que lorsqu'elle s'écrit; et elle change jusqu'à ce qu'elle se cristallise: alors elle n'est plus parlée; elle reste comme témoin du passé; elle est lé lieu des réminiscences.
L'Orient fut immobile parcequ'il devait être la source étemelle de nos destinées progressives. Le sol sur lequel on bâtit ne doit pas toujours trembler.
Le christianisme remplacera l'Orient. Alors les Amériques diront comme nous les ^traditions générales du genre humain.