‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 117 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

terribles époques. Noublîons pas toutefois de signaler également les tropes qui ont pu résulter quelquefois du langage né du mythe et de Thiéroglyphe.

Ces fables monstrueuses tiennent enfin à lantique superstition relativement au mélange des races; et ici nous pourrions encore remonter à Jorigine d'une distinction primitive, dont le signe réside dans la forme même du mariage. Ce point fondamental de toute histoire antique sera mis -plus tard hors de toute discussion. Nous expliquerons , quand il en sera temps , ce que les austères patriciens de Rome entendaient p^r cette expression si énergique , naiurçLj ^um disco rs^, expression qui^ à elle seule , raconte tout un ordre de choses.

Ajoutons à présent que je ne sais quoi de sinistre se manifeste aussi aux époques de transformation et davanceiÉient des sociétés humaines. L éducation I du genre humain est toujours dure, parcequ'elle contient toujours la double condition de Texpiation et du progrès acheté par Teffort , même par la douleur. Remarquons , avant de finir sur ce sujet , que plusieurs des premières hérésies chrétiennes , héri^ tières en cela des traditions douloureuses que nous venons d'indiqué, avaient au nombre de leurs dog^ mes la haine de la propagation, sentiment dune terreur profonde qu'il fout bien foire attention de

24o PALINGÉNÉSIE SOCIALE.

Al ne point confondre avec ceux d'une pureté et d'une

' \ piété exaltées.

Un des esprits les plus mélancoliques qui aient jamais existé, et qu'à mon avis on a trop confondu dans l'anathème porté contre les incrédules , Boulanger avait recueilli dans les archives de notre race malheureuse tous les monuments de nos longues calamités, pour en composer une sorte d'histoire funèbre du genre humain. Je suis loin, bien loin d'entrer dans les conséquences de son système de désolation, et je désire, par-dessus tout, que dé l'ensemble de mon ouvrage il sorte un cri de bénédiction pour la Providence, une prière profondément filiale pour le Père commun des hommes , un hymne nouveau pour le Dieu créateur et conservateui*. Boulanger a classé toutes les traditions générales du genre humain ; il en a montré successivement , parmi les différents peuples , l'esprit commémoratif , l'esprit funèbre , l'esprit mystérieux , l'esprit cy disque, l'esprit liturgique. Toutes les fêtes religieuses, d'après ces classifications elles-mêmes, et par des raisons qui entrent complètement dans le système \de mes idées, commencent par des^ cérémonies de deuil, et finissent par des cérémonies qui expriment l'alégresse; elles sont donc des types identiques ; et cette identité , c'est ce que j'appelle la pensée palingénésique, la pensée de fin et de renouvelle-

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