DEUXIÈME PARTIE. aSi
tiulle, à qui au reste Tunité du sentiment rdiig[teux est devenue très facile par le christianisme. Les peuples de l'Amérique, les Etats-Unis, ont commencé par prendre Dieu à témcun de la justice de leur cause; ils se sont mis sous la protection du Dieu de la liberté , du Dieu des chrétiens.
Selon un ancien poëte, et le goût que j'ai dû contracter pour cette première forme de la sagesse doit me faire pardonner l'emploi d'une telle allégorie ; selon un ancien poëte , la force finit par s'asseoir sur le trône de Jupiter : traduire ceci ea lao^ gage philosophique, cela veut dire que le lait ne pent régner qu'à la condition de s'ériger en droit. Je viens de dire une leçon pour les peuples ; voici maintenant la leçon pour les dépositaires du pouvoir.
Dynastie vetit dire force ; c'est la force sociale. Ce nom fut d'abord appliqué aux gouvernements héroïques; il passa ensuite avec son énergie primitive dans les gouvernements réguliers , c'est-à-dire dans les gouvernements, de l'humanité. LlÉgypte et l'Étrurie, dans les temps les plus reculés, furent partagées en dynasties.
L'essence^ la nature du. pouvoir, ont changé: gradué selon l'origine et le principe des divers gouvernements de l'humanité, l'assentiment de fait, ou l'assentiment légal , en est devenu une condition nécessaire.
Le pouvoir fort gouverne avec plus d assentiment que le pouvoir faible, parcequ'un instinct qui ne trompe pas veut que chaque chose soit dans sa nature. Celui qui doit obéir veut une raison de son • obéissance. L autorité , même lautorité paternelle , a besoin d'être juste.
Le gouvernement faible manque à sa mission, puisqu'il est inhabile à protéger.
La sanction du pouvoir de celui qui commande est donc dans l'assentiment de celui qui obéit : c'est en cela que réside la force sociale, antique acception du mot dynastie. N'avons-nous pas vu plus haut que même la sanction de celui qui inflige le châtiment est dans l'assentiment de celui à qui il est infligé avec justice?
Tous les ordres de civilisation sont fondés sur . cette sanction. Dans les temps de crise, ce qui fait la crise, c'est l'affaiblissement de la sanction. Les raisons du pouvoir ne sont plus évidentes; elles sont discutées et contestées. Lorsque l'initié sait tout ce que l'initiateur peut enseigner, il y a progrès ; donc il y a lieu à constater le progrès en légalisant une transformation sociale.
Les dynasties sont tenues de représenter la société qu'elles ont à gouverner. Refuser d'ériger le fait en droit, c'est-à-dire de légaliser le fait, de constater la transformation sociale dès qu'elle est
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opérée , c'est tout à-la-fbis créer et amnistier d avance la révolte. Ainsi représenter la société qu elle est appelée à {jouverner, telle est la mission aug^uste de toute dynastie; et c'est dans le sentiment seul de cette mission que réside l'infaillibilité. Le pouvoir, quoi qu'en dise M. de Maistre, n'est donc infaillible qu'à la condition d'être l'expression vraie de ce qui est.
La sibylle de Samothrace dont j ai déjà parlé est un emblème de cette doctrine professée par moi dans l'Homme sans nom , sorte d'apologue par lequel je préludais à ma philosophie palingénésique.
La sibylle, par sa nature cyclique, a, comme nous l'avons vu, son existence liée à une forme de civ ilisation . Lorsque cette forme doit périr^ le seij is prophétique abandonne la sibylle, et pour elle le
sens prophétigue^c!2slJa.^Yie^^ doncJ
ainsi que le lierre , lorsque l'arbre qui est son appui vient à mourir ; ou plutôt, c'est l'hamadryade dont la vie est celle de l'arbre même.
Une dynastie ressemble-t-^ïle à la sibylle de Samothrace? Sitôt que la faculté de représenter la société lui est ravie , ou , en d'autres termes , sitôt que la société subit une transformation avec laquelle la dynastie n'est pas en sympathie , cette dynastie devient-elle comme la sibylle dépouillée du sens prophétique? Nous avons appris ce qu'est.
dans une telle donnée, le Testament de Louis XVI et la Charte de I^ouis XVIII ; et à propos du mot si puissant d'auctoritas , chez les anciens sages du vieux Latium , nous aurons à déterminer les véritables attributions du législateur.
Finissons cette partie des prolégotoèïies par un mythe, sorte de langage auquel nous avons àû nous accoutumer. La révolution française est l e chao s
COSmogOnig^ Ip rf^mhs^t tnn JAiif«^ ^n^^griqii^ ^t
souvent aveuglé de tous les divers él^mente^sociaux entre eu x. Une pensée intime travaillait en silence à organiser ces éléments confus, pour leur foire produire le nouvel ordre de choses, l'évolution palingénésique du genre humain»
L'Élégie enfin est une peinture de la chrysalide sociale actuelle.