‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 29 sur 180 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Il y a donc un état du genre humain antérieur à celui qui est contenu dans l'histoire, ou qui est déduit de Thistoire, Cet état antérieur est lui-même décrit dans une autre sorte d'histoire, histoire merveilleuse dont nous ne connaissons pas les détails , revêtue de formes insaisissables , qui a une chronologie, mais une chronologie idéale, qui se résume ici par un dogme, là par un mythe, selon les traditions et les croyances.

Le dogme et le mythe sont donc le résumé , le sy mbole , ou , comme dira it KantJ[object^^ dl& Tlufrtoire antérieure. C'est la grande montagne qui borne

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rhorizon; ou, si l'on veut encore, c'est comme la limite du rayon visuel.

Toutefois on peut approcher plus ou moins de la montagne, même la mesurer avec des instruments plus ou moins imparfaits; on peut^ pour épuiser l'autre comparaison, ajouter à la portée du rayon visuel.

Un fait, un temps, une race, un peuple, un principe, sont tantôt un dieu, tantôt un héros, tantôt un homme.

Les traditLons générale^jdu^e nre hum ain sont l es dépo sitaires de ces signes, de ces symboles, de cfô peî*sonnifications.

Poursuivons.

Les données de l'histoire servent à compléter l'his-

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toire : ainsi , en appliquant à Favenir le principe de la loi qui a réglé le passé, nous parvenons à concevoir l'avenir. Mais lorsquen reculant toujours dans le passé nous arrivons jusqu'à la région du dogme et du mythe, et qu*ensuite nous portonis nos regards dans l'avenir, il faut que l'analogie nou§ offre encore le dogme et le mythe.

Ainsi la plus haute synthèse du passé produrt là plus haute synthèse de l'avenir.

Ainsi enfin, pour le commencement des temps, les théogonies et les cosmogonies; pour la fin des temps, les prophéties apocalyptiques.

Le genre humain veut voir dans les deux horizons à -la -fois, les deux horizons les plus reculés de Torigine et de la fin : il sait que les véritables bornes ne sont ni là, ni là ; il sait que son lieu est l'éternité.

Cette chaîne des destinées humaines, qui est une chaîne magnétique, s'attache, par les deux extrémités, au trône sacré, auguste, invisible et pourtant irrécusable du mystère. Nous ne voyons pas ce trône, mais nous sentons que la chaîne y tient; et cette chaîne est magnétique, car sans cela ccmiment pourrions -nous remonter d'anneau en anneau ; et ne savons-nous pas que même l'histoire , celle que j'oserais nommer historique, celle que Varron appelait certaine, ne savons-nous pas qu'elle

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