‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 36 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

* L'époque où loa place géoéralauent iapparîtioii d'Orphée est un peu antérieure à la guerre de Troie j» é\>énement qui est: con^déré en : général Gomme lariisnite des temps &buleux:et des tanps historiques^ei; qui t même participe des uns et: des autres.. Orphée et Hercule sont contemporains; ils entrent tous. les deux dans le dénombrement' que Ion fint des Âigouautes. Au rester a cette distàiice , ipiotqtK^ si peu^ éloignée V tous les temps sont encore confondus^ comime pour dérouter à plaisir les chronologîstes scrupuleux. Dansice passage de l'Orient à l'Occident, de l'Asie à l'Europe^ à tout moment; la perspective change, et' trompe sur les plans delà scène que le poète voudrait peindre^qi^ Tbistorteu voudi?ait retracer. D'une part^ cette direction de la poésie primitive à tout vouloir tourner en all^^ ries, ou plutôt à vouloir constater le Mt providentiel au £ltal au lieu du £ait humain , c'est-à-rdîre à négliger l'effet pour la cause y d'une autre part, cette disposition des peuples à localiser, chacun chez lui^ les 'mythes^trangers , et à se les approprier par la transmutation des noms , des lieux et des tesnps, 01^ &it un brillant chaos qui se refuse à lakimîère philosophique de notre temps, mais.où réside cependant une grande lumière , où se trouve un grand loyer de croyances* C'est ^, ainsi- que les ave ntures arrivées à des personnag es myt ^^fy i-

tues , et qui furent de s types d'allégories , furent appliquées ou attribuées à des personnages héroV ques, c'est-à-dire demi -bistoriques ; c est ainsi qu une des premières expéditions nautiques, celle des Arg^onautes, pour les Grecs, a été lemblème d'une révolution astronomique. C'est ainsi que les divers planispbères ont été, à-la-fois ou tour-à-tour, les arxîbives biéroglypbiques des annales du genre humain, les pages d'un poëme cosmogonique. C'est ainsivet seulement ainsi, gue s'expliquent Hercule, QsÎDS^-Bacchus. La Tbébes de Béotie est une ville symbolique aussi bien que Troie; cependant ces deux villes ont réellement existé. Les Dioscures, divinités cabiriques, et par conséquent pélasgiennes, sont devenus les deux frères d'Hélène ; Hélène ellemême, avant d'être la perfide épouse de Ménélas , fut le nom de la lune ; et ce nom , qui signifie clarté, splendeur, attribué à la lune, devient enfin un nom propre. Mais je n'ai point à faire l'énumération des personnages, des lieux, des villes, qui sont incontestablement identiques , pour la vue de fesprit, et qui diffèrent quant à l'existence historique, chronologique, géographique et astronomique. J'aurai trop souvent occasion de m'en occuper par la suite, pour qu'il soit nécessaire d'entrer ici dans les détails, de chercher à concilier les écrivains qui ont embrassé le système historique, et

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