‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 52 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

quelques unes des lois de Tunivers , c est une sorte d association avec le Créateur lui-même: cette divine ressemblance de l'homme , racontée par la Grenèse , n'est donc pas une expression vaine et emphatique de rOrient.

Ainsi deux Destins , l'un produit par Dieu , l'autre par l'homme. La conséquence inévitable de principes une fois adoptés et la force des choses formeront toujours un Destin. Ainsi donc l'homme ferait un destin par sa liberté, et ce destin serait prévu de Dieu ; ainsi encore , Dieu achèverait ses plans, par le libre arbitre de l'homme, dans la sphère où l'homme a reçu le pouvoir d'agir.

Ne nous perdons pas plus long-temps dans de si difficiles. méditations; d'ailleurs nous aurons souvent occasion d'y revenir.

Quand on dit que Dieu , prévoyant que tel être abuserait de sa Uberté , aurait dû s'abstenir de créer cet être, c'est comme si l'on disait que Dieu aurait dû s'abstenir de créer des intelligences libres. Ensuite, si l'on vient à élaguer par la pensée les hommes que, dans cette vue, Dieu aurait dû s'abstenir de créer, on sera étonné de voir que tous les hommes peut-être auraient dû être retranchés de la création , car tous les hommes abusent de la liberté, ou en usent mal. Ceux qui nous paraissent le plus parfaits ont des imperfections

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quje jjiousi.i^'apertcevons point; et souvent même des génies sublimes qui ont charmé ou' éclairé les hommes sont tombés dans les plus déplorables égaremeilts. Souveiit encore le flambeai^ de la science a brillé dans la main d'un impie; et celui dout la vie privée était un outrage. à la vertu et à la morale, plus d'une fois alluma dans les âmes le feu céleste de la morale et de la vertu. Oui, nous ne connaissons qu'une partie des plans de la création, et de l'ensemble des destinées humaines, ainsi que de l'ensemble de chaque destinée humaine en particulier. Les abus de la Uberté , lorsqu'ils nuisent aux autres, sont des épreuve pour les autres, comme ceux de tous sont des épreuves pour chacun.

li'espéce humaine tend à un but unique^ à" un principe unique; tous les hommes y concourent comme individus,, et tous les peuples comme réunions sympathiques; d'individus. Les sentiments individuels et les sentiments collectifs sont nécessaires à l'harmonie universelle. Qui connaîtrait le but et le principe connaîtrait la raison de l'histoire. Ce. qu'il y a de manifeste c'est le développement, révolution. Le tableau des djestinées humaines serait donc le tableau du plan général de la Providence marchant à l'accomplissement de ses desseins sur nous. Ocellus appelait le monde la cité des Dieux.

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