‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 55 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE.' laS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.' laS

lesquelles il en dompte les r^i^tances. Qui sait , par exemple, les rapports qu'il y a entre lés- lois du levier et le pouvoir physique actuel de Thotnme?

Nous seiîtons en toutes ôboses^le» limites, et ces limites sont incontestablement dues à de certaines proportions entre les fecultés de l'homme et les ob-^ jets «ur lesquels il ^i^erce ses sens. Ces proportions ont une haute raison dans la sagesse suprême dont nous ignorons le but et les mioyens. '

Voyez la voûte du ciel et l'immensité dés mers : tout e^ restreint par la ligne du rayon visuel; lé fini est toujours près de nous. MaiS' notre iâtelli^ gence va bien au-delà; elle nous enseigne, à faire rédueation dé nos sens, et à en rectifier éontinnel-^ lement le témoignage.

Hercule posant les limites de la teire habitée, c est l'homme dans la proportion de ses organes avec la planète qui est son domaine, qiii est livrée à ses travaux et à ses investigations, et qu'il peut parcourir en entier, durant sa vie mortelle.

L'homme, au sortir de cette vie et de cette planète, sera pourvu de facilités plus étendues, se trouvera placé dans un autre milieu, et verra changer les proportions de ses nouveaux organes avec les objets nouveaux qui se manifesteront à lui , qui seront l'occasion de ses pensées.

Il y a peut-être dans ce monde des esprits qui

ont déjà, si Ton peut parler ainsi, un pied dans le monde futur. Gela ferait comprendre lascension progressive des êtres intelligents, d'une sphère dans une sphère plus élevée.

Les hommes, en passait d'une vie à lautre, conservent leur individuaUté.

Mais cette individualité, modifiée comme il vient d'être dit.

Les peuples et les races, parmi tous les changements auxquels ils sont soumis, conservent aussi leur individualité; enfin le genre humain luimême conserve son immense individualité.

Chaque être intelligent est destiné à s'élever graduellement ; le terme de cette ascension progressive nous est inconnu. Si nous savions ce qu'est l'essence humaine, nous connaîtrions ce terme; ce qui, au reste, impliquerait contradiction, car nous serions autres, ou plutôt nous serions à présent ce que nous devons être un jour.

Encore ici , je suis obligé de prier le lecteur de vouloir bien se reporter à ce qui vient d'être dit.

L'homme dès cette vie est un être palingénésique; il n'est jamais complet et fixe: fœtus, enfant, jeune homme , homme mûr, et vieillard , il est toujours coulant et divers, comme disent les philosophes. C'est l'homme universd qui est, qui porte en lui la ressemblance du Créateur.

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