DEUXIÈME PARTIE. i
Les langfues, ainsi que je 1 ai répété plusieurs fois ailleurs, sont une véritable cosmogonie intellectuelle et morale.
Les historiens anciens furent donc bien loin d'avoir toutes les ressources dont nous commençons à abonder. Tous les enseignements pressés dans une si courte période de temps produiront leur fruit, et sur-tout n'oublions pas le christianisme qui , à peine entré dans la sphère civile d'où on a trop long-temps voulu l'exiler, éclaire déjà d'un si beau jour les voies de la Pix)vidence. Tout se tient; c*est ainsi que, pour les traditions cosmogoniques , la science est venue confirmer les témoignages de la Bible. Oui , j'en suis convaincu, le génie de croyances va se relever dans toute sa beauté native , dans toute son éternelle jeunesse.
Cela est étrange à dire, et cela est vrai Cependant; au point où nous en étions venus par la confusion des idées, confusion que Tite-Live et Denys d'Halicarnasse ont commencée, et que les autres écrivains ont ensuite successivement augmentée, il était nécessaire de refaire l'histoire romaine dans ses éléments constitutifs : c'est ce qui m'est arrivé. Mais ce que j'ai fait par la pensée, d'autres l'exécuteront.
En effet, les historiens préoccupés, ainsi que je l'ai dit, de la série des faits, de leur plus ou moins
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de vraisemblance, de la comparaison et de lajppréciation des témoignages, plutôt que- de la raison mêm^jdes hitsrpu portés à puiser cette raison dans les idées acquises postérieurement, se sont 1 non seulement égarés , mais ont passé quelquefo is
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I mer la vraie vérité. C'est ainsi que la tâche de l'historien , pour tous les peuples du monde , nous a été léguée intacte. Il faut la recommencer, j'oserais dire synthétiquement , dans la philologie, dans la jurisprudence primitive, celle que j'appelle cyclopéenne, dans les anciens poètes et dans les poètes comiques. Pour les migrations des peuplés, pour les colonies, il faut remonter à des causes cosmologiques. Enfin les travaux feits jusqu'à présent ne doivent être considérés que comme des matériaux à mettre en ordre.
4^ Il y a une loi générale de la Providence qui régit toutes les sociétés humaines , et qui leur fait parcourir leurs différents périodes. Il y a ensuite les formes mêmes de l'esprit humain : c'est vers cette haute synthèse qu'il faut sans cesse s'élever.
Les temps sont venus, les grandes expériences sont acquises , le travail est immense ; et ce n'est pas trop de tout un siècle qui réunirait un grand nombre d'hommes distingués.
Quant à moi, je ne veux montrer qu'une chose,