DEUXIÈME PARTIE
natrice qui, si elle est quelquefois aventureuse, est toujours sûre de soulever un coin du voile. Ainsi il est permis de croire que Vico n aurait pas manqué de trouver dans la langue une partie de la science génésiaque , dont nous avons déjà entrevu les premiers éléments , et dont nous aurons tant à nous occuper. Le livre relatif à la morale est plus facile à suppléer, sans qu'il doive moins exciter nos regrets.
Mais il y a dans la langue latine toute une psychologie. Au reste; il est temps de le dire, ceci est une preuve de l'antiquité de la gnosse, puisque tout le système gnostique s'y trouve, comme on peut s'en assurer en lisant avec la préoccupation de mes idées l'histoire du Gnosticisme, de M. Matter. Antiquité est ici synonyme de spontanéité.
JPai donc sauté par-dessus l'hellénisme, parcequ'en effet la puissante serre de l'Orient est trop fortement empreinte dans les institutions primitives italiotes, ou plutôt sicules, plour qu'on sente la transition. Ainsi le vieux Latium serait presque l'Orient direct.
Il y aurait un rapprochement très curieux à faire entre les croyances indiennes et les croyances latines de l'époque la plus reculée : il serait possible d'établir scientifiquement que les croyances primitives italiotes émanent de l'Orient. Chose merveil-
leuse! le mythe passe dans la langue; et la sponta* néité est une transformation de TOrient. L'iàée, s'il est permis de parler ainsi , s'incarne dans la langue.
Les deux volumes suivants de la Palingénésîe nous fourniront souvent Foccasion d appliquer cette direction d'idées à la société civile ; et plus d'une fois nous rencontrerons de belles données psycho^ logiques pour Tespéce humaine comme pour l'individu.
Toute la physiologie de Vico est fort courte , elle ne pouvait être que cela ; et je n'ai nul besoin de m'y arrêter. Seulement j'ai voulu remarquer qu'une psychologie, celle que l'on pourrait induire de la
I langue latine, serait une gnosse. Yico ignora cette gnosse contenue dans la langue, cette gnosse qui porte l'empreinte, et comme une dernière et inef-^ façable trace de TOrient.
Il vante beaucoup la synthèse par laquelle on ne découvre pas la vérité, mais on la fait : telle fut, par la suite, la méthode hardie de ]sLScienza nuoDa, dans la première édition ; car, dans les éditions suivantes, il a employé la méthode timide de l'analyse.
Le chevalier Cavriani a publié, en 1 822 , à Mantoue, quelques considérations sur les lettres, les sciences et les arts chez les anciens Romains. Le chapitre vi , consacré à la philosophie , est tout entier dans les données de Vico, dont il emprunte la