TOME III
contenu clans la lettre se développe , et la lettre est abolie. La plénitude des facultés humaines sera la plénitude de la religion.
Cette loi de succession , que nous venons d'appliquer à la reli^oion, est d'une telle évidence, qu'elle a illuminé Bossuet, l'immobile Bossuet, jusqu'à éblouir son fier rep^ard. Selon lui, Dieu n'avait pas jugé convenable de livrer, chez les Hébreux, le dogme de l'immortalité de l'ame aux grossières interprétations , aux stupides pensées d'une multitude trop charnelle pour ne pas en abuser ; les hommes spirituels , les parfaits , pouvaient seuls pénétrer les voiles dont il était enveloppé à dessein. L'antique tradition s'expliquait pour les uns, restait muette pour les autres. J'aurais cru qu'une telle assertion ne pouvait être produite que par les incrédules. Juste ciel ! un peuple qui n'est pas , dans son universalité , fortement empreint du dogme le plus nécessaire, du dogme de l'immortalité! et c'est ce peuple qui est dit le dépositaire des promesses! et c'est ce peuple à qui l'on conteste si peu l'auguste prérogative de produire le Messie! et c'est un législateur inspiré de Dieu , que l'on peut supposer occupé de pareils ménagements!
Arrêtons-nous un instant, puisque l'occasion s'en