TROISIÈME PARTIE
bientôt par être à l'usage de tous. Les sympathies de rhumanité rendent communs le bien et le mal.
Voyez ce qui se passe chez les enfants. Le sentiment moral ne s y manifeste qu'avec l'intelligence, qu'à laide et en proportion de l'intelligence.
Peut-être serait- il permis de dire que l'intelligence n'est qu'un instrument pour hâter l'évolution du sentiment moral : de là la nécessité des lumières pour rendre l'homme meilleur, pour accomplir le retour vers la loi primitive de notre être.
De là le besoin des lumières pour un peuple , à moins que vous ne preniez la responsabilité de ses actions en le rendant esclave, c'est-à-dire à moins que vous ne suspendiez la loi chrétienne.
L'homme et le genre humain ont besoin d'éducation. Il faut que l'homme et le genre humain se fassent eux-mêmes, ou se refossent, pour parler plus exactement le langage des anciennes traditions, pour parler conformément aux doctrines universelles, pour être enfin en accord avec la Bible.
Ainsi l'autorité, c'est-à-dire la science adoptée avant l'examen , n'est que pour enseigner à l'homme ce qu'il doit savoir avant qu'il ait pu apprendre lui-même; mais il est destiné à se rendre propre ce qu'il a appris, à en faire son étude pour ac-
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quiescer, pour trouver conforme à sa nature, à ce qui est en lui , enfin pour s'assimiler la science générale : dès -lors, avec cet instrument donné par la Providence, et donné primitivement, puis rendu propre à chaque individu , il doit aller au-delà , faire de nouveaux efforts, qui à leur tour serviront à d'autres , entrei ont dans la masse des connaissances humaines.
L'autorité, et je prends ce mot dans une acception philosophique différente de l'acception légale dont j'ai promis plus haut d'expliquer ailleurs le sens profond , l'autorité , c'est la tradition , c'est l'expérience , c'est le consentement général , c'est le genre humain initiant chaque homme, et lui montrant ce qui est en lui.
L'autorité , c'est le genre humain apparaissant à tous les hommes, recueillant les pensées de tous pour les transformer à l'usage de chacun.
Mais, encore une fois, il faut que l'homme approuve, qu'il s assimile, et finisse par tout trouver en lui. L'homme est une créature intelligente, morale, et libre. C'est là-dessus, au reste, qu'est fondé le dogme de la rédemption, aussi bien que celui du péché originel.
Ne privons donc pas l'homme du sentiment moral : tâchons plutôt de perfectionner ce sentiment en nous, et de le perfectionner dans les autres.