TOME III. ^'ï
religieux et l'avenir social, j'y ai été entraîné par la contemplation de cette unité merveilleuse qui rend semblables et analogues, dans toutes les sphères d'idées , les faits accomplis comme les faits destinés à s'accomplir. Ainsi le dogme de la déchéance et de la réhabilitation , qui se trouve au commencement, doit se trouver à la fin de l'histoire des épreuves humaines; après en avoir éclairé toute la durée, il en éclairera encore la consommation. Mais je m'abstiens de convertir la pensée de l'avenir en la pensée du présent : pour produire une telle transformation , il faudrait une autre puissance que la mienne. Mon sentiment, en effet, ner peut être qu'un timide et respectueux pressentiment; tout motivé qu'il est, il est sans autorité.
Nous^ voyons la société civile se dégager successivement de toutes ses tutéles initiatrices; maintenant elle est appelée à se gouverner elle-même.
La société religieuse , pour ainsi dire accidentellement placée dans le temps , se meut dans une aire infinie, où elle n'a de bornes que l'éternité. Aussi s'est-elle toujours gouvernée elle-même , et elle n'a pas eu de progrès à faire , car l'immuable ne peut être progressif. Seulement les voiles se lèvent, les sceaux se brisent , parceque l'immuable , placé dans le temps, est tenu de s'exprimer par les organes mobiles du temps, et subit ainsi une incarnation