‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 4)Chapitre 85 sur 172 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

L'essence, d'après Vico, dans la langue latine, c'est la force virtuelle.

La matière , lorsqu'elle entre dans le mouvement de Tor^^^anisation , ne cesse pas d'être matière , et de conserver en elle les lois primitives et inconnues qui la régissent. L'organisation et la vie suspendent ou modifient ces lois , mais ne les anéantissent pas. Aussi , lorsque la vie et l'organisation cessent, la matière rentre sous l'empire de ses lois primitives.

L'organisation et la vie ne peuvent pas même suspendre ou modifier tellement ces lois qu'elles ne se manifestent de quelque manière. De là certains désordres dans l'économie animale, certaines perturbations, certaines maladies.

Toute plante pivote sur un morceau de terre; sans cela elle ne pourrait naître, se développer, monter vers le ciel, présenter son éclat, ses paj:fums , ses fruits. Le germe pourrit dans la terre , et la plante est produite. Un fait intellectuel pivote sur un fait physique. I^'ame incorruptible croît sur le corps corruptible , apparaît dans le monde phénoménal, pour briller dans le monde intellectuel.

Le corps périt lorsque lame n'a plus besoin de lieu.

La matière subit des transformations ; vous n'arriverez jamais à l'atome inorganique, à la molécule brute. Il y a une puissance d'organisation qui fait

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ces transformations successives , imajje de toute paling^énésie. Chose singulière! concevoir la matière est un effort immense de la pensée ; c'est une sorte de création , ou plutôt d'abstraction , car la matière n'existe pas.

Le Shaster, vul^ifairement appelé Bédang^, explique ainsi le mouvement : De faction opposée de la qualité créatrice et de la qualité destructive dans la matière naquit d'abord le mouvement. Pour rendre compte de Thypotlièse de Vico , il faudrait remonter à la philosophie grecque, et delà arriver à Descartes. Je préfère signaler une loi du monde social. Dans les sociétés humaines, le mouvement s'explique par la lutte du principe stationnaire ou fatal contre le principe progressif ou volitif; du principe initiateur contre le principe initiable; du principe dorien mâle contre le principe ionien femelle ; du principe patricien contre le principe plébéien .

La philosophie palingénésique remonte à forigine de cet antagonisme, en donne la raison, en explique la suite et les conséquences.

Le chapitre m du petit traité de Vico implique une question que fauteur ne prévoyait sans doute pas, parcequ'il ignorait fOrient, et la voici:

Jusqu'à quel point est-il donné à fhomme d'entraîner la nature extérieure dans la sphère de la

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