DEUXIÈME PARTIE
rhomme pour qu'il en fît son domaine au prix du travail.
L'antique marque de réprobation , attachée à la reproduction de l'homme, dont nous avons si^ornalé le sentiment profond dans toutes les traditions cosmogoniques, cette marque avait été effacée, pour le patricien primitif, par la sainteté du nœud conjugal; le plébéien primitif ne pouvait pas continuer de se perpétuer sous le poids de l'anathème originel ; il devait à son tour s'approprier la dignité humaine.
Je disais tout-à-l'heure que.le langage, la société, la propriété, sont choses identiques, et, en m'exprimant ainsi, j'avais en vue le sens le plus général. Maintenant il serait bon de distinguer la parole et le langage. Je vais tâcher de me faire comprendre. Dans les célébrations religieuses , il était recommandé aux profanes, c'est-à-dire aux plébéiens, de se taire; et chez les premiers Romains le client, ne pouvant par lui-même donner la sanction légale à une formule dont cependant il était l'objet, était tenu de s'adresser à son patron, qui la prononçait pour lui. N est-ce pas là. le mutisme civil que nous avons déjà signalé? Le client n'était quelque chose que par son identification avec la personne du patron ; il n'avait point de nom à lui ; le nom seul de son patron était le sien. C'est ainsi seulement que le