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fut donc avec quelque assurance qu'il reprit en ces mots :
« La fille dOEdipe a épuisé toutes les douleurs ; elle a rempli tous les devoirs envers sa déplorable famille; elle a fini toute la destinée qui lui fut promise sur les rivages de l'Aulide et sur les sommets du Cythéron : sa vie désormais serait une vie vulgaire et sans but. C'est à présent qu'il faut que la suppliante meure! Il faut quelle meure étrangère à tous les plaisirs, à toutes les félicités: il faut que ses lèvres pudiques aient toucbé à peine la coupe séduisante des illusions; il faut que son existence, séparée des autres existences, s'éteigne comme enveloppée encore sous le manteau mystérieux d'OEdipe. Elle sut naguère sourire à l'adversité; elle va savoir sourire à la mort. Pareille au Phénix, qui se construit lui-même un bûcher, elle semble consentir à son arrêt. Sortez donc des funestes palais de Laïus, vous nêtes plus faite pour les habiter; sortez des palais de Laïus , vierge sublime ! Sortez , non point pour charmer les regards des hommes, non point pour être l'ornement de la maison d'un époux, mais pour accomplir votre dernier sacrifice, le sacrifice expiatoire qui doit effacer les crimes non vengés, qui doit désarmer la colère du ciel, et mettre fin à tant de calamités. Ah! lorsque les premières