‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 180 sur 217 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

plus noble, plus excellente que Dieu ne lavait laite! Madame Elisabeth vous conjure par notre voix d'accepter votre pardon; elle vous revêtira clle-mêine de la robe sans tache; elle peut rendre à vos vêtements souillés plus que la blancheur de la neige. Et cet enfant qui devait régner, et qui n'a pu que souffrir, cette colombe si belle et si douce , qui s'est enfuie vers les régions de l'innocence éternelle, cet ange de toutes les jeunes douleurs, le royal orphelin a rompu, dans le séjour de la paix inaltérable, le silence dont il voulut s'envelopper dans le séjour de toutes les corruptions; et il a rompu ce silence pour être aussi l'intercesseur du pardon. A peine sorti de cette fange d'iniquité que des infâmes avaient amassée autour de lui, il a paru dans toute sa beauté native; et ses paroles se sont trouvées aussitôt semblables aux paroles qui sont le langage du ciel. Il a pu de suite se mêler aux concerts de l'amour sans fin. Celui-là n'a point pardonné : il a fait plus; il a remercié ses bourreaux qui furent si patients à accumuler sur un enfant toutes les infirmités humaines, à faire respirer à cette ame neuve le poison de leur perversité. En voilà-t-il assez ? ajoutaient-ils ; que pouvons-nous vous dire pour ébranler votre funeste résolution de vous laisser dévorer par l'amertume de vos pensées? Et cependant pour quel coupable a-t-il jamais été fait

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