‹ Œuvres de M. et Mme Favart; leur vieChapitre 29 sur 88 · SCENE PRE31IÊKE · texte numérisé non relu

SCENE PRE31IÊKE

SOLIMAN, OSMIN

Soliman entre d'un air triste, et se promène à grands pas sur le tliéàlrc. Osmin le suit à quelque distance.)

osMm.

Trés-gracieux sultan, votre esclave fidèle, Attend vos ordres... Mot... Seigneur !... je parle en vain, Seigneur !

SOLTMAî*.

Dis-moi, mon cher Osniin :

Depuis qu'à les soins, à ton zèle, J'ai confié la garde du sérail, Et le gouvernement des femmes...

OSMIN

Parbleu '. c'est un rude travail.

SOLIMAN, continuant.

Entre mille beautés, ces délices des âmes.

En as-tu vue, Osmin, dont les attraits Egalent ceux d'Elmire?

OSMH,

Oh ! non, seigneur : jamais !

Elniire parti celle Elniire charmante, Tout à la fois si fiére et si touchante. Que vais-je devenir?

OSMIS.

Elle attendra plus lard. Seigneur, si je lis dans son âme.

Autant que vous elle craint son départ.

Sur quoi le juges-tu ?

OSMIN

Mais sur ce qu'elle est femme, Et qu'on n'a pas tous les jours aisément Un empereur lurc pour amant.

Elmire est Espagnole; elle est fiére, mais tendre; Et son cœur en secret ne cherche qu'à se rendre.

Tu lui fais tort.

OSMIN

' Eh! non, non, sûrement.

Chaque matin, à sa toilette, Elmire vous reçoit.

Oui, mais si froidement!

OSMIN

Pour mieux vous attirer : manège de coquette;

Et je fonde mon sentiment Sur des distractions avec art ménagées,

Des négligences arrangées.

Un hasard préparé, qu'on place heureusement,

Et de petites maladresses

Faites le plus adroitement.

Tantôt de ses cheveux on rassemble les tresses, Pour couronner son front d'un nouvel ornement;

On veut les arranger soi-même.

Moi, désintéressé, je sens le stratagème.

iM) F A VAUT.

Un lidèle iiiiiuir lélléchit à vos yeux,

De deux bras potelés les contours gracieux.

Tantôt c'est un ruban qui coule ;

Elmire veut le rattacher, lit d'un soulier mignon fait voir le joli moule :

Alors, comme il faut se pencher.

Dans l'altitude un peignoir s'ouvre :

Elle s'en aperçoit, et sa vivacité Le tire brusquement, pour cacher d'un côté

Ce que de l'autre elle découvre.

Dans ce désordre, Elmire, en rougissant. Lève des yeux où la jtudeur confuse

Semble demander qu'on l'excuse;

Mais où l'on peut voir cependant

Bien moins d'embarras que de ruse.

Une autre fois, sa maladroite main, Qui veut assujettir un habit du matin,

Se fait une piqûre. On jette Au loin l'épingle : Aïe, aïe ; on fait un petit cri.

Dont le sultan est attendri ; Et, tandis qu'on en cherche une autre à la toilette, On vous laisse le temps de fixer un regard, A travers le tissu d'une gaze assez claire. Sur une taille élégante et légère Qui s'arrondit sans le secours de l'art.

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