SCÈNE IX
ROXELANE et les esclaves.
BOXELASE.
Oh ! je ne veux point qu'on s'endorme Quand il s'agit de m'obéir.
Je veux dans ce sérail établir la réforme.
(Apercevant los esclaves.) Qu'est-ce que je vois là? des carreaux, un tapis ! Allons, allons, ôtez cet étalage.
(Elle donne du pied dans les carreaux.) Un dîner à la turque! oh ! le plaisant usage! Vous autres, vous mangez sur la terre, accroupis Comme des sapajous. Une table, des chaises : Suivez les coutumes françaises.
(Les esclaves marquent leur étonnement par leurs gestes.) Eh bien ! ils sont tout étourdis.
Que l'on baisse ces jalousies.
Qu'on défende l'entrée au jour.
Et que nous dînions aux bougies ; Leur éclat nous sufflt : il répand à l'entour Ce demi-jour si doux qui convient à l'amour.
i'ii lAVART.
J'oubliais la meilleure chose; Il nous faut du vin : songez-y.
(Los esrliivos paraisspiu scaudalisés.Ils font entendre par signe qu'il n'y a point de vin dans léserai!.)
Comment ! ils ont horreur de ce que je propose ! Il em ! quoi ? plaît-il ? On n'en a point ici ?
Que l'on aille chez le Muphti *.
On en trouvera, j'en suis sûre :
C'est un esprit juste, un cœur droit, Qui saisit tout le vin : c'est par là qu'il s'assure
Qu'aucun vrai musulman n'en boit.
Il nous en donnera du grec et du Champagne Tout ce que nous voudrons,
(Les esclaves sortent.)