‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 117 sur 236 · COURTISANS, GARDES, PAGES · texte numérisé non relu

COURTISANS, GARDES, PAGES

CATHERINE

N'éprouvez point, mon fils, d'effroi pusillanime: Vous voyez devant vous les ennemis du crime; Oubliez auprès d'eux les discours d'un pervers.

De l'Etat déchiré finir les longs revers.

Me servir, me défendre, est sa seule espérance.

C ATHER INE

Ou son prétexte au moins.

Il semble aimer la France; Il a ce ton brûlant, ce ton de vérité Qui par les imposteurs n'est jamais imité;

Et, cependant, j'éprouve un pouvoir invincible Qui rend à ses discours mon cœur inaccessible; Je sens que près de lui ce cœur intimidé Est convaincu souvent, mais non persuadé. L'habitude fait tout : je le hais dès l'enfance; Son zèle m'est suspect; il me pèse, il m'offense; Soit que la vérité, pour éclairer les rois. D'un ami qui leur plaît doive emprunter la voix ; Soit que de vos conseils l'autorité m'entraîne; Soit plutôt que du Ciel la bonté souveraine. Au moment du péril me daignant avertir, D'un perfide ennemi cherche à me garantir,

CATHERINE

Oui, c'est la voix du Ciel; c'est la voix de la Gloire : Si vous voulez régner, c'est à vous de les croire. Du coup qu'on va frapper au milieu de la nuit Vos regards, dès demain, recueilleront le fruit; Et vous verrez ce peuple, inquiet, indocile, Se réveiller soumis, respectueux, tranquille; Rentrer par la frayeur sous les lois du devoir, Et d'un roi qui se venge adorer le pouvoir. Mais les momens sont chers :1e jour fuit, le tems presse. Amis , nous n'exigeons ni serment ni promesse : Votre haine suffit.

LORRAINE

Dieu parle: c'est assez,

GUISE

Désignez les proscrits.

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