ACTE IV, SCÈNE IL
Quand j'aurai prévenu leurs perfides desseins, Si la publique voix contre moi se déclare, Si les pleurs des Franjçais me nomment roi barbare , Au peuple accusateur répondrez-vous alors ?
C ATHERIJVE.
Oui, je prends tout sur moi , tout, jusqu'à vos remords ; Oui, j'accepte sa haine, et vous laisse la gloire.
.^j CHARLES.
Vous remportez encor cette horrible victoire. Ah! puisqu'il est ainsi, puisque dans tous les tems Vous rendez l'équilibre à mes esprits flottans. Donnez-moi donc cette àme immuable, intrépide, Qui veut avec puissance, et que rien n'intimide. Quand je suis loin de vous, j'appartiens à l'effroi: J^e& noirs pressentimens s'assemblent près de moi. Je crains le sort affreux d'ua tvran d'Assyrie : Israël égorgé tombait sous sa furie; Mais le ciel abrégea son empire inhumain. Comme lui, je crois voir une céleste main Graver sur ces lambris ma sentence éternelle.
CATHERINE. 1 i
Si le Ciel proscrivit sa tête criminelle, 11 s'armait contre Dieu : vous vous arme^ pour lui; Il méprisait ses lois; vous en êtes l'appui. Qu'importe le destin des tyrans infidèles ? Charlemagne et Louis : voilà vos seuls modèles. De leurs palmes \\a jour vous serez couronné; •:<
a48 CHARLES IX.
Et, lorsqu'après un règne et long et fortuné, Vous rejoindrez ces rois, vainqueurs de l'hérésie, Vous direz : Comme vous, j'ai terrassé l'impie; Comme vous, j'ai vengé l'église et les Français; Les ennemis du Ciel n'étaient plus mes sujets.