ACTE V, SCÈNE II
l'hospital.
Apprenez...
HENRI
Que me faut-il apprendre;
Et d'où viennent les pleurs que je vous vois répandre ?
l'hospital.
Les protestans...
HENRI
Parlez...
l'hospital.
Ils sont trahis, vendus.
HENRI
Coligni...
l'hospitae.
C'en est fait : Coligni ne vit plus.
HENRI
Il ne vit plus! Comment? Quel bras inexorable...
l'hospital.
Cent bras ont massacré ce vieillard vénérable.
HENRI
Ah ! courons le venger.
l'hospital.
Vous ne le pouvez pas ; Que dis-je? au sein du Louvre on observe vos pas: Vous êtes prisonnier dans ce palais terrible.
HENRI
Je n'attendais pas moins. O rage, ô nuit horrible! Pressentimens affreux, vous voilà donc remplis !
a6î CHARLES IX.
Grand Dieu! laisseras-tu nos bourreaux impunis?
l'hospital.
Déjà la douzième heure assemblait les ténèbres. L'astre des nuits, perçant des nuages funèbres, Dispensant à regret une morne clarté, Roulait au haut des cieux son disque ensanglanté. Tout dormait : vos amis, bercés par l'espérance, Et commençant à croire au bonheur de la France, Bénissaient le sommeil et la paix de retour; Mais le crime veillait au milieu de la cour. Aux accens de l'airain sonnant les homicides, Vomis par ce palais, des courtisans perfides, Un poignard à la main, promènent le trépas, Et scellent les traités par des assassinats. On entend retentir ces clameurs fanatiques : « Obéissez au roi : frappez les hérétiques. » A ce signal d'horreur, on voit les Conjurés, Respirant la vengeance et de sang altérés, Courir en foule au crime où Guise les entraîne. Les prêtres, plus cruels, sur les pas de Lorraine, Tenant le bois sacré dans leurs profanes mains. Encouragent au meurtre un peuple d'assassins. Charles goûte à longs traits un plaisir sanguinaire, Et cherche son devoir dans lés yeux de sa mère. C'est ici, près de nous, que le roi des Français Sous le plomb destructeur fait tomber ses sujets. Médicis , le front calme , applaudit à ses crimes , Exalte son adresse, ot compte ses victimes.