I.E CHANCELIER
Sur des signes trompeurs cessez d'être alarmé :
Aux regards des mortels l'avenir est fermé ,
Sirej et, quand le Ciel même, à qui tout est possible,
Nous daignerait ouvrir cet abyme invisible,
Parmi tant de mensonge et tant d'obscurité
Quel œil distinguerait l'auguste Vérité ?
Vous ne prétendez pas imiter, je l'espère,
Ces rois qui, sur le trône, élèves du vulgaire,
Font régner tout Tamas des superstitions;
Enfans qui du sommeil gardent les passions ,
Et qui , sur les projets qu'un songe leur inspire ,
llisquent à leur réveil le destin d'un empire.
LE ROI DE NAVARRE
Je les blâme avec vous; et vous devez juger Que des pressentimens ne pourront me changer. Vous connaissez mon cœur : il est sans défiance.
Moi, qui des courtisans ai quelque expérience, Je crains que l'avenir ne ressemble au passé : Par un assassinat la paix a commencé.
Nos cruels ennemis ont un pouvoir suprême ; Je crains, je l'avoûrai, mais bien plus que vous-même: Non pas quelques instans, mais la nuit, mais le jour, Mais durant mon sommeil , mais au sein de la cour.