‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 162 sur 236 · I.E CHANCELIER · texte numérisé non relu

I.E CHANCELIER

Sur des signes trompeurs cessez d'être alarmé :

Aux regards des mortels l'avenir est fermé ,

Sirej et, quand le Ciel même, à qui tout est possible,

Nous daignerait ouvrir cet abyme invisible,

Parmi tant de mensonge et tant d'obscurité

Quel œil distinguerait l'auguste Vérité ?

Vous ne prétendez pas imiter, je l'espère,

Ces rois qui, sur le trône, élèves du vulgaire,

Font régner tout Tamas des superstitions;

Enfans qui du sommeil gardent les passions ,

Et qui , sur les projets qu'un songe leur inspire ,

llisquent à leur réveil le destin d'un empire.

LE ROI DE NAVARRE

Je les blâme avec vous; et vous devez juger Que des pressentimens ne pourront me changer. Vous connaissez mon cœur : il est sans défiance.

Moi, qui des courtisans ai quelque expérience, Je crains que l'avenir ne ressemble au passé : Par un assassinat la paix a commencé.

Nos cruels ennemis ont un pouvoir suprême ; Je crains, je l'avoûrai, mais bien plus que vous-même: Non pas quelques instans, mais la nuit, mais le jour, Mais durant mon sommeil , mais au sein de la cour.

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