‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 38 sur 236 · Acte V, scène iv, page 18 r, vers · texte numérisé non relu

Acte V, scène iv, page 18 r, vers

DU THÉÂTRE DE CHÉNIER. fiS

Ces métaphores ont quelque chose de faux et de confus : c'est là le maniéré, le fardé, le vague, l'obscur, qu'on reproche avec raison aux romantiques, et qu'on ne doit pas confondre avec le gracieux, le naïf, qui distinguent la bonne poésie allemande. Un autre vice contracté par nos auteurs modernes, et dont Chénier n'a pu se défendre, c'est de prêter au siècle des superstitions les idées du nôtre , et d'intercaler dans ses vers des banalités de journaux et de tribune. Est-ce à Philippe II que le comte d'Egmont peut débiter de nouvelles maximes? Est-ce à lui que l'Infant adressera ces paroles, que ne lui ont point apprises nos publicistes ?

Partout l'opinion réveille enfin le monde.

Quand la raison publique , en tous lieux élancée , Mûrit, éclaire , échauffe, agrandit la pensée , D'un illustre monarque illustre successeur, Des préjugés vieillis Philippe défenseur Voudrait-il étayer leur empire débile?...

Page 1