‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 73 sur 236 · TURENNE, AZÉMIRE, ISMÈNE · texte numérisé non relu

TURENNE, AZÉMIRE, ISMÈNE

AZÉMIRE

Enfin donc, quelque jour nous pourrons sans alarmes , D'un amour mutuel respirer tous les charmes, Turenne ; et ce chrétien que vous venez de voir De vous rendre h Bouillon n'a plus aucun espoir!

TURENNE

(A part.) (Haut.)

Quel supplice!... Azémire!...

AZÉMIRE

Eh bien !

TURENNE

(A part.) Quoi ! je balance.

(Haut.) (A part.)

Sachez... Non, cet effort n'est pas en ma puissance.

AZÉMIRE

Vous détournez les yeux, vous pleurez; et je voi Qu'il vous en a coûté pour être tout à moi. Comme si les destins , à mes feux plus propices. M'imposaient aujourd'hui de moindres sacrifices! Ah! mes sujets, Turenne, eh! puis-je m'abuser-^ Si Bouillon vous accuse, oiU droit de m'accuser,.

112 AZÉMIRE

S'il faut de mes traités rendre compte à l'Asie, Je dois le confesser: rien ne les justifie; Mais enfin je vous aime... et vous m'aimez.

TURENNE

Hélas!

Vous voyez... apprenez... vous ne concevez pas...

AZÉMIRE

Ciel ! que dois-je augurer? quel trouble!

TURENNE

Non, Madame, On ne brûla jamais d'une aussi tendre flamme.

AZÉMIRE

Eh bien! s'il est ainsi, qui peut donc vous troubler?

TURENNE

(A part. )

G Dieu! comment se taire, et comment lui parler?

(Haut.)

Ce chrétien... Nos deux cœurs sont unis dès l'enfance; Son amitié, Madame...; excusez mon silence: De tout ce qu'il m'a dit mes sens encor émus...

AZÉMIRE

Turenne, apprenez-moi...

TURENNE

Ne m'interrogez plus.

Je ne puis vous parler, hélas! ni vous entendre; Et j'ai loin de vos veux des larmes à répandre.

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