PERSÉCUTION
ment badois ; cependant, nous aussi, nous avons eu nos luttes, et nous connaissons par expérience la force et la consolation que valent les sympathies du dehors.
Jamais cette sympathie n'aura été plus méritée et mieux placée que dans la circonstance actuelle. Ailleurs, on a combattu pour un droit partiel, pour une liberté spéciale, pour un fragment de la vérité. Ici , c'est le droit tout entier de l'Église qui est en jeu : les évêques et le clergé du Haut- Rhin combattent pour maintenir tout l'ensemble des lois ecclésiastiques contre un pouvoir qui prétend ouvertement faire gouverner les âmes par des mains laïques.
Sachons donc tendre une main fraternelle à ces prêtres allemands, que l'on emprisonne et que l'on dépouille parce qu'ils croient plus à l'infaillibilité de l'Église qu'à celle de la bureaucratie, et qui, en souffrant pour la justice, ajoutent une page si belle et si imprévue à l'histoire du catholicisme dans leur patrie. Portons surtout le tribut de notre vénération filiale à ce pontife octogénaire qui consacre les derniers jours de sa noble vie à défendre la liberté de l'Église, et qui en appelle avec confiance à [autorité du saint-siége, à la foi et à la conscience de toute la chrétienté.
Cette confiance ne sera pas trompée. Ces généreux confesseurs doivent être bien forts contre la persécution, car ils n'ont jamais ni demandé ni approuvé la persécution de personne. Ils peuvent attendre avec sécurité l'issue de la lutte. Ce siècle n'a pas encore vu une attaque à la sainte faiblesse de l'Église qui n'ait tourné à la confusion de ses ennemis et qui ne se soit, à la longue, transformée en victoire pour la vérité.
H en a été ainsi en Prusse, il y a quinze ans, en Angleterre et en Hollande tout récemment. Il en sera ainsi tôt ou tard dans le pays de Bade, et partout où l'Etat usurpe les droits