‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 3)Chapitre 11 sur 46 · MANUSCRITS · texte numérisé non relu

MANUSCRITS

I . Das Leben des edeln tuginthaftin lantgraven Ludewigis der de was elich gemahel unde wert der heiligin hochgebornen Frouwin Elizabeth... das beschrebin hat er Berlt sin cappellan der yme heymelich gewest ist von joggent bis yn synen tod (Vie du noble et vertueux landgrave Louis , qui était l’époux légitime et le seigneur de la sainte et très-noble dame Élisabeth, éerite par sire Berthold, son chapelain, qui a été intime avec lui depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort). Manuscrit allemand double à la bibliothèque de Gotha, n° 53. Autre exemplaire à celle de Cassel. ( Berthold Ms.)

Cette biographie, infiniment précieuse par le caractère de son auteur, témoin oculaire de la plupart des événements qu'il raconte, se place naturellement au premier rang des sources de notre histoire. Elle offre, pour tout ce qui se rapporte au duc Louis et à la vie conjugale d’Élisabeth, les mêmes garanties d’authenticité et d’exactitude que les dépositions des quatre suivantes pour le temps de son veuvage. Les dialogues y sont plus fréquents que dans aucun autre récit. Elle a été évidemment connue et copiée par Théodoric, qui n’en parle cependant jamais. Il est surprenant qu’un manuscrit aussi précieux n’ait jamais été imprimé. On croit que ce Berthold, qui accompagna le duc Louis à la croisade, était moine du monastère de Reynhartsbrunn, dont il parle trèssouvent

i. Vita S. Elisabethæ landgraviiv , a fratre C.esaiuu, sacerdote

INDICATION

in monasterio vallis Sancti Pétri. Ce précieux document, dû à un écrivain célèbre de l’ordre de Cîteaux, connu sous le nom de Cœsarnts Ifeisterbacensis, et mort en 1237, six ans après sainte Elisabeth, est indiqué d’une manière très-superficielle par Leibnitz, Introd. in Script, rer. ürunsv., t. 11 , p. *7; et Ilarzheim, Bibliot. Coioniens., p. io. M. Justi dit, dans sa dernière édition , qu’il n’a pu en constater l’existence. Nous l’avons découvert parmi les matériaux rassemblés par les Bollandistes pour la continuation des Acta Sanctorum, et aujourd’hui déposés à la bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles. La copie qui s’y trouve a été transcrite par le P. Damans en 1638, sur un manuscrit de la collégiale de Münstereiffel , près Coblentz, et envoyée par lui aux Jésuites d’Anvers. Dans le prologue , ou épltre dédicatoire adressée aux frères de l’Ordre Teutonique à Marboug, Ca^sarius leur raconte que maître Conrad, directeur d’Élisabeth, lui avait conseillé, avant sa mort, d’écrire la vie de sa pénitente, et que ses amis les religieux de Marbourg lui en ayant fait la demande, il a rédigé le texte qu’il leur envoie d’après les récits que lui a faits frère Christian, moine de son propre couvent, qui revenait d'assister à la translation de la Sainte (en 1236). Sa réputation d’auteur et de choniqueur estimé (grâce à scs Historiœ memorabiles) lui avait sans doute valu la prière que lui adressaient les religieux de Marbourg , lesquels pouvaient mieux que personne vérifier l’exactitude de son travail. II serait difficile, comme on le voit, pour un écrit contemporain, d’offrir plus de garanties de fidélité. Quia, dit-il, sancta ilia humiliter et simpliciter in hoc mundo vixit, il annonce que son style sera conforme à cette simplicité, et sans aucune Heur de rhétorique. Son récit est presque en tout conforme aux dépositions des quatre suivantes , qu’il semble copier, mais renferme en outre des renseignements très-curieux, et

la confirmation authentique de plusieurs détails louchants que les poètes et les légendaires des siècles suivants ont rapportés, sans indiquer qu’ils les avaient pris dans cet auteur contemporain.

3. Der lieben frotven sont Elysabeten der landgrefin leben (Vie de la chère dame sainte Elisabeth la duchesse). Manuscrit allemand, n° cv, de la célèbre bibliothèque palatine de Heidelberg, envoyé à Rome par le duc Maximilien de Bavière en 1622, et rapporté ù Heidelberg en 1813 [Cod. Pal. Heid.)

L’écriture de ce manuscrit est du xv* siècle, selon M. Wilken; mais l’auteur est évidemment, d’après plusieurs passages de son récit, contemporain de la Sainte. Il se dit Franciscain, et suit en général la version des quatre suivantes, en y ajoutant plusieurs détails relatifs aux relations d’Élisabeth avec saint François, et d’autres empruntés au récit de Berthold. Nous sommes convaincu que ce manuscrit n’est que la traduction du manuscrit latin souvent cité par Wadding, dans ses Annales Minorum, comme ouvrage d’un Franciscain contemporain, qu’il qualifie ainsi, tome u, p. 217 : Anonymus coœviasqui se vidisse vel ab aliis certâ fidc accepisse, guœ desancta feinina scripsit, testatur. Ce manuscrit latin était à Louvain du temps de Wadding; nous avons fait de vains efforts pour le trouver dans les bibliothèques de cette ville.

i. Cy encommence la vie de sainte Elisabeth, fille au roi de Hongrie. Manuscrit n° 7633 de la Bibliothèque royale à Paris, écriture du xiv e siècle. ( Rutebeuf .)

C’est l’histoire en vers français de notre Sainte, par le célèbre trouvère Rutebeuf, l’un des poètes les plus féconds de notre ancienne littérature, qui fleurit pendant la dernière moitié du xin e siècle, et mourut en 1310. Il se nomme luimême dans les vers suivants :

INDICATION

Dont Rulebeuf a fait la rime.

Ce Rulebeuf rudement rime.

Et sa rudesse en sa rime a...

J1 dit que messire Érard l’a requis de composer ce poème,

Et toute traire De latin en rime fransoise,

en l’honneur de la reine Isabelle, femme du roi, Thibaut de Navarre. La Sainte y est toujours nommée Isabelle. Il dit ensuite :

Geste estoire

Qui est venue de Hongrie,

Si est le procès et la vie D’une dame que Hiesu Criz Aima tant (ce dit li est escriz),

Qu’il l’apela à son servize.

De lei lit on en sainte église ;

Si com bon tient le lit Abel,

Doit on tenir sainte Ysabel A sainte, à sage et à senée.

Vers Dieu ce fut si asenée,

Que toz i fu ses cuers entiers,

Et sa tendue et ses mestiers...

Il suit principalement les dépositions des quatre suivantes, avec quelques détails de plus. 11 termine ainsi :

Or prions donques à celi (celle)

A cui tant bien faire abeli.

Que pour nos deprist à celui Dieu qui ne refuse ne lui,

Et por la proiere enproit cele

Qui fut et sa meire et sancelle (son ancellej

Qu’il nos otroie cele ioie

Queil a cestc dame otroie.

Explicit. Dieix en soit loetz.

Dites amen, vos qui loeiz.

Outre l'incontestable mérite poétique de cette œuvre, il est pour nous un monument authentique et contemporain de l’effet produit en France par les vertus et les miracles de la Sainte allemande ' .

5. Chi commenchede sainte Yzabiel. Manuscrit du xm e siècle, de la bibliothèque du Roi à Paris, fonds Saint-Germain des Prés, n° 1862. ( Lemoine Robert.)

Encore un poème en vers français en l’honneur de sainte Elisabeth, par un auteur contemporain (comme le montre l’écriture seule du manuscrit) , qui se nomme lui-même dans ces vers qui terminent son œuvre :

Je vos requier, si vos agrée,

Ke vos nous vouliez otroier Ke lhu Crist voelliez proier,

Ki sires est de tout le monde,

Kc celui face net et monde Ki a ceste istoire rimée,

Et ensi dite et compassée;

Ke tels oeuvres face en sa vie Kil en ait gloire deservie ;

Ke Dieix eskience d’estre en duel Frere Robert de Cambliumuel.

Ce religieux poète, sur la vie duquel nous n’avons point de détails, a surtout reproduit la légende franciscaine (n® 3), et le récit de Césaire de Heisterbach (n® 2) : il a rendu avec beaucoup de grâce et de charme tous les traits et les paroles de la Sainte rapportés par ce dernier, surtout la conversation nocturne avec son mari (V. p. 266 de notre histoire) . Il a particulièrement appuyé sur l’union et la tendresse conjugale des deux époux.

1 Ce poème a été imprimé depuis par M. Achille Jubinal, dans son édition complète des œuvres de Rutebeuf.

Œuvres, vil. — Sainte Élisabeth. |. 12

r,H INDICATION

6. Sente Elsebet Leben. Poëme allemand aux archives de Darmstadt, de 221 pages, écrit au xiv' siècle, mais dont le langage semble remonter au xiu*. Une portion assez notable en a été imprimée dans la collection intitulée Diutiska, publiée par le professeur Graff de Berlin. (Cod. JDarmst.)

C’est une reproduction en vers des récits de Théodoric et de Berthold, avec quelques détails de plus.

7. Von sente Elysabethen. Poëme allemand, dans une grande légende rimée de la bibliothèque de Strasbourg, fonds des Johannites. A, 77, sur parchemin, écriture du xn e siècle. [Cod. Argent .)

La vie de notre Sainte occupe les feuilles 179 à 203 de ce volume in-fol., que le savant professeur Massmann regarde comme le troisième volume d’une collection générale de légendes en vers. Ce petit poëme contient peu de détails nouveaux; mais il est délicieux par le style et la pensée, plein de naïveté et de véritable poésie.

8. l'on sente Elsebethen. Légende eu prose de la Sainte dans la collection manuscrite de Hermann de Fritzlar, intitulée ls.ben der Heiligen Prœdigten, et datée de 1345 et 1349, à la bibliothèque palatine de Heidelberg, n° exiu et exiv. ( Herm . Eritz.)

Imprimé en partie par le professeur Massmann dans ses /Jenkmœhler, 1827. C’est un abrégé fort court, mais qui renferme quelques traits originaux et précieux.

9. Vita beate Elizabeth. Manuscrit de la bibliothèque du Vatican, n° 4401, ff. 20 à 27, sur parchemin, reliure aux armes des Borghèse, écriture du xiv* siècle. [Cod. Vatic.)

Ce récit est extrait, ù ce que dit l’auteur, des dépositions

officielles envoyées à Rome; on y retrouve, en effet, une partie de celles de Guta et d’Isentrude. Il est très-incomplet, semble avoir servi de thème à un professeur, et finit par une série de détails et quelques réflexions dignes d’attention. Nous en citerons le préambule, à cause de son originalité.

« Cum multi discant verba seholæ et pauci verba vite, decrevimus vitam Beate Elyzabeth eo dictamine Christi fidelibus ref'erendam. Quod cognovimus relatione testium jurainentis mediantibus a reverendis dominis et magistris eam conscriptam ac summo pontifici et cardinalibus univers» recitatam, et hoc digne, quia spiritalis homo dijudicat omnia, ut a nemine judicetur. Omne opus sanum trina provenit consideratione : primum, an liceat; deinde, an deceat; postremo, an expédiât. Decebat ergo : et révéra expediens fuerat ut bac compilatione conversationis famule Dei inquisitores nobis potiusverbis simplicibus inpendent scientiam morurn, quam scientiam litterarum. Auscultantes ideo karissimi silete. Ethæc salutaria audite cumquiete. Est igitur silentium in tribus valde bonum : servat pacem primo, dat vim orationum, et bone conscientie fugat detrimentum quæ plus custodienda est quam aurum et argentum. Ecce jam incipimus. Videte nomen mite. Fac imitari Domine in honorem hujus vitæ. »

10. Vit a S. Elisabethu • Hungariæ reginœ. Manuscrit de la bibliothèque Laurentienne à Florence, Plut, xxvii. Cod. I, n u 18. Indiqué par Montfaucon, Biblioth. manusc., n" 592. [Cod. Flor.)

féest la version de la légende dorée, avec quelques additions.

11. Legende der //. Elisabeth and St. Gertraud ir mutter, dans la Chronique manuscrite dite d'Andechs, à la bibliothèque de Munich, Cod. Germ. 218.

INDICATION

On y trouve des détails curieux sur la reine Gertrude, mère d’Élisabeth.

12. Historia ecclesiastica Isenacensis , per M. Nicolaum Rebhàhn, datée de 1621, à la bibliothèque du gymnase à Eisenach.

Cet auteur, quoique surintendant luthérien à Eisenach, a recueilli d’une manière assez complète toutes les traductions de la piété catholique sur notre Sainte. Il déclare que partim fabulusa surit, partim superstitionem resipiunt , mais qu’il racontera tout ce qu’il sait, en laissant au lecteur chrétien le soin de juger.

13 Joh. Waldcschmidt, C'ommentatio succincta de vita et factis M. Conradi de Marpurej , confessoris divw Elisabet/ue, etc. Collection de pièces manuscrites en latin du xvn e siècle, à la bibliothèque de Cassel. Hassiaca, fol. n° 112.

Matériaux rassemblés pour une œuvre qui n’a probablement jamais été terminée.

1 4. Leben Mag. Conradi von Marburg, par J. N. Schminkius, bibliothèque de Cassel. Hass. 4°, n° 136.

Brouillon d’une vie détaillée de Conrad et de sainte Élisabeth, accompagnée de plusieurs pièces curieuses, mais tout imprégnée de la haine la plus fanatique contre le catholicisme.

15. Parmi les matériaux et documents manuscrits rassemblés parles jésuites d’Anvers, dits Bollandistes, pour la continuation de leur collection des Acta Sanctorum, et qui se trouvent en ce moment très-bien coordonnés et reliés, par ordre de date, à la bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles,

ceux relatifs à sainte Élisabeth occupent les deux tiers d’un volume in-folio consacré aux saints du 19 novembre. En voici l’énumération complétée par les soins scrupuleux de M. Stædler (MS. Bolland. Brux.) :

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