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beth. Il vint, accompagné de sa mère et de son frère Conrad. En la voyant, il la supplia de lui pardonner tout le mal qu’il lui avait fait, et lui dit qu’il en avait de grands remords, et qu’il lui en ferait bonne et fidèle compensation. Sophie et Conrad joignirent leurs prières aux siennes. Pour toute réponse, Élisabeth se jeta dans les bras de son beau-frère, et se mit à pleurer *. Les deux frères et la duchesse Sophie mêlèrent leurs larmes aux siennes, et les vaillants guerriers ne purent non plus retenir les leurs à la vue de ce spectacle touchant, et au souvenir du doux et gracieux prince qui avait été le lien commun de toute cette famille, et qu’ils avaient perdu sans retour. 1 2 .
Les droits de ses enfants furent également assurés, et notamment celui du jeune landgrave Hermann, son premierné, héritier légitime des duchés de Thuringe et de Hesse, dont la régence devait rester de droit, pendant sa minorité, entre les mains de l’aîné de ses oncles, le landgrave Henri. Tous ces arrangements étant conclus, les chevaliers croisés se séparèrent pour retourner dans leurs châteaux ; et Élisabeth, ainsi que ses enfants, se mit en route, accompagnée de la duchesse Sophie, sa belle-mère, et des jeunes ducs, pour rentrer à la Wartbourg, dont elle avait été si indignement chassée \
L’évêque de Bamberg et les croisés thuringiens n’avaient pas été les seuls à prendre en main la cause de la jeune et sainte veuve. Un des princes les plus courageux et les plus renommés de l’Allemagne méridionale, Conrad de Bussuang, abbé du célèbre monastère de Saint-Gall, contribua
1 . . Unde nam sy gutlichin an synen arm unde do begonde dy selygcn frowe alzo bttterlichin zu weynen Rothe, p. 1734.
* Rothe, p. 1736. Juati, Vorzeit de 1823, p. 269.
8 On était à la lin de 1228 ou au commencement de 1229.
de tous ses efforts à faire rétablir Élisabeth dans ses droits. Les annales de cette abbaye souveraine rapportent que le prince-abbé agit de la sorte, en vertu d’un pacte conclu entre elle et lui, et par lequel il lui avait promis d’être son avocat sur la terre, à la condition qu’elle serait son avocate auprès de Dieu 1 .
1 Md. v. Arx, Geschichte von S.-Gall. I, 351 ex Christ. Kudimeister, in Caaibus S.-Galli.