‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 5)Chapitre 25 sur 94 · DU GÉNÉRAL COMTE: DE DAMRËMONT · texte numérisé non relu

DU GÉNÉRAL COMTE: DE DAMRËMONT

mourez sur le champ de bataille, ou dans votre lit, criblé de blessures et de fatigues, vous laissez à yoti*e yeuve et à tous vos enfants, quel qu'en soit le nombre, douze ou quinze peutêtre [nilaritê)^ une pension de ISOO fr. pour seule et unique ressource.

Il n'y a donc aucun pays au monde où l'armée, dans ses plus hauts grades, soit plus maltraitée. Jugez ce qu'il en est pour les grades inférieurs , pour les officiers de régiment. Voyez ce qu'il reste à leurs veuves, à leur postérité ; et ditesvous : Voilà tout ce que fait pour son armée la nation qui est la plus amoureuse de gloire militaire, qui doit ses plus belles renommées dans l'histoire à ses exploits guerriers.

Pour moi, je déclare que la réduction imposée à la pension de madame de Damrémont m'a été très- pénible. Je sais que des voix plus imposantes que la mienne pourraient se prononcer ici dans ce même intérêt, comme celles qui se sont fait entendre dans une autre enceinte. J'ai jugé à propos que la même protestation s'élevât aujourd'hui contre un esprit que j'appellerai di avarice législative. Cet esprit est, selon moi, on ne peut plus funeste à l'honneur, à l'intérêt de la patrie ; cet esprit, je le déplore, je le déteste même, et je n'ai pas voulu perdre cette occasion de l'attaquer.

(Extrait do Moniteur du 18 février 1838.)

Page 1