POUCE DU ROULAGE
l'industrie ou les habitudes locales ont introduite dans le système de voitures publiques ou de roulage. L'administration est bien forte, mais il y a quelque chose de plus fort encore, c'est la nature ; cette nature, qui ne se laisse pas traiter aussi .uniformément que le voudrait l'administration, a dicté aux différentes populations différentes manières de transport. Dans les départements de l'Est, dont la Franche-Comté est en quelque sorte le cœur, on a créé ce roulage à quatre roues et à un cheval, généralement désigné sous le nom de roulage comtois. M. le directeur général, pour détruire ce roulage comtois ou plutôt pour amener le triomphe d'un système général et uniforme en France, accorde comme une grande concession de fixer le minimum des jantes à huit centinlètres. La commission vous propose de la fixer à sept.
Or, le maximum du roulage comtois est de cinq centimètres. Avec le centimètre de tolérance admis dans un article suivant on arrivera à six.
Je vois que dans le rapport au roi, joint à l'exposé des motifs, on avait senti l'utilité d'une distinction, d'une faveur accordée aux voitures à quatre roues, en comparaison de celles à deux roues. Dans le projet de loi, dans le dispositif, on a trop perdu de vue le principe posé dans le passage du rapport au roi ; car, en fixant le minimum de 8 centimètres, on arrive à détruire tout à fait les voitures à quatre roues traînées seulement par un cheval. Ces voitures sont la ressource de l'agriculteur, du petit laboureur, dans toutes les provinces orientales de la France. Vous allez donc détruire une grande richesse pour les populations agricoles et pauvres de ces provinces, et c'est en leur faveur que je réclame votre bienveillance et vous prie de vous en tenir à la proposition de la commission. En effet, tous les hommes pratiques qui font marcher des chevaux, non pas sur le papier, mais dans
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les champs, dans les mauvaises routes, dans les ornières, vous diront qu'une voiture dont les jantes ont huit centimètres de laideur suffit même à vide pour la charge d'un cheval dans les pentes fortes, dans les rampes, dans de mauvais chemins, comme il y en aura toujours , quelle que soit la loi que vous lassiez. Si vous voulez que cette voiture ait un châi^ement quelconque, il en résultera qu'un cheval n'aura pas la force de ]a tirer. Dans presque toute la France, vous supprimerez les voitures à un cheval , c'est-à-dire la grande ressource des petits propriétaires agricoles , qui , dans la mauvaise saison, lorsqu'ils ne peuvent pas travailler aux champs, emploient leur cheval, au lieu de le laisser oisif dans l'écurie, à faire des transports sur les routes de l'Est.
Je ne demande pas mieux, comme tous les représentants des départements de l'Est, que de voir apporter à ce système de roulage toutes les limitations exigées par la raison. Que l'on arrête surtout cet abus, que M. le directeur général dénonçait avec raison, des longues lignes de voitures se suivant à la file les unes des autres dans les mêmes ornières. Nous serons d'accord avec lui pour adhérer à l'article ultérieur par lequel il est interdit à ces voitures de former des convois de plus de quatre ou cinq voitures. Que l'on introduise ensuite de nouvelles limitations pour le poids ; qu'on limite le chargement de ces voitures à quatre roues, à un cheval et à jantes étroites , au maximum de quinze cents ou de mille kilogrammes (la voiture non comprise), à la bonne heure; mais qu'on ne détruise pas ces voitures elles-mêmes ; que l'on ne force pas ces agriculteurs à sacrifier des voitures auxquelles ils sont habitués depuis très-longtemps.
Savez-vous ce qui en résultera? C'est, comme le disait très-bien M. le comte d'Argout, en répondant à un autre système, c'est que les gros roulages auront le monopole des