EXPROPRIATION DES MONUMENTS HISTORIQUES
nirs les plus précieux pour la religion , Fart et Thistoire nationale. Ceux qui n'ont pas encore disparu courent un risque quotidien de périr. Lie pouvoir est resté jusqu'à présent désarmé en présence de ces abus du droit de propriété.
Si notre zélé collègue, M. le comte de Rambuteau, était présent, il vous dirait combien de peine il a eue pour obtenir la cession de la tour Saint -Jacques -la -Boucherie, que TOUS connaissez tous, et qui est assurément un des plus beaux ornements de la ville de Paris. Il emporte , selon moi , de déclarer que le Gouvernement possède les moyens légaux nécessaires pour déposséder, moyennant une juste indemnité, les propriétaires individuels de certains monuments d'un intérêt général, et qui seraient tentés de les détruire ou de les dégrader. Vous sentez, Messieurs, que l'autorité sera naturellement avare de ces déclarations d'utilité publique, puisqu'il faudra les faire suivre par l'emploi de sommes qui np sont pas toujours à sa disposition. Mais lorsqu'une ville ou un département, ou le Gouvernement lui-même, sera disposé soit à faire des sacrifices, soit pour rendre au culte une ancienne église, soit pour conserver le plus beau monument d'une localité , je voudrais qu'on pût le croire autorisé, par les mesures que nous avons déjà votées , à procéder sans scrupule par voie de déclaration d'utilité publique, avec les conséquences qui en découlent.
Je ne veux pas fatiguer la Chambre par une plus longue énumération des considérations qui militent en faveur de cette idée, ou des précieux débris de l'art national qui sont à la veille de périr. Je rappellerai seulement que le Grouvemement actuel a déjà rendu les plus grands services à l'histoire et à l'art national ; et j'ajoute qu'il ne pourra point en rendis