FUEROS DES PROVINCES BASQUES
CHAMBRE DES PAIRS
•ion sar la loi deo réfagiéo.
Séance du 6 juillet 1838.
Dans la discussion relative au crédit destiné à fournir des secours aux réfugiés en France, M. le duc de Noailles s'était attaché à démontrer que la France aurait dû appuyer en Espagne la cause de don Carlos au lieu de soutenir la reine Isabelle. M. le comte do Montalembert prit la parole après lui.
Je répondrai très-brièvement à ce que vient de dire M. le duc de Noailles. Je ne saurais, comme le noble orateur, m'étonner de voir M. le duc de Fézensac ou tout autre avocat du gouvernement français, se féliciter de ce que la royauté que nous défendons en Espagne soit d'accord avec le principe de la légitimité, ou plutôt de Thérédité royale. Certainement, ce n*est pas ce principe en soi que la France a entendu repousser ou combattre dans l'ancien système espagnol, dans celui qui se résume aujourd'hui en la personne et en la cause de don Carlos. Non, ce n'est pas la légitimité, c'est l'absolutisme [Très-bien! très-bienf) ; car ce sont deux choses très-distinctes.
C'est l'absolutisme que l'esprit moderne de la France a
combattu , a repoussé dans la personne de don Carlos. Ainsi, lorsque, en soutenant la cause de la liberté, on peut la mettre d'accord avec ce que Iieaucoup d'Espagnols, comme l'ont reconnu M. le duc de Noailles et M, le marquis de Brézé eux-mêmes, regardent comme la succession légitime et naturelle, il me semble tout simple que le gouvernement français et ses organes s'en félicitent. C'est ainsi, c'est en repoussant le despotisme ruineux de l'ancienne Espagne, que l'intérêt de la France libérale se trouve d'accord avec le vœu de la grande majorité du peuple espagnol.
On nous dit encore : mais vous ne savez pas quel est le prince que le mariage d'Isabelle II peut amener sur le trône d'Espagne, En effet, nous ne le savons pas; mais ce que nous savions très-bien, c'est quel était le prince que la succession masculine de Ferdinand VII devait nous amener... [Nouvelles marques d^ approbation,) Nous savions tous à n'en pas douter que l'infant don Carlos, dont je suis bien loin de vouloir attaquer la personne et dont je respecte le malheur, mais nous savions tous que ce prince était adopté en Espagne par le parti le plus hostile à toute espèce de réforme, de progrès et de liberté, comme son type et son symbole. Nous savions tous qu'il ne pouvait pas ne pas être l'ennemi de la révolution de Juillet et de la France actuelle. Par conséquent, le pire qui pût nous arriver, ce serait d'avoir substitué, en 1833, un danger incertain et éloigné à un danger certain, immédiat, menaçant et appréciable par tous. (Mourvement d'approbation,)
Lorsque j'ai demandé la parole, j'avais été frappé d'une expression de M. le marquis de Dreux-Brézé, qui reprochait à l'Espagne d'avoir brisé avec son passé.
M. LE MARQUIS DE BRÉZÉ. Oui, jc Ic maintiens.
M. LE COUTE DE MoNTALEMBERT. Jc crois qu'il n'y a pas