Î62 FUEROS
quand un peuple se livre à des excès, on recherche aussi quelle a été l'éducation que ce peuple a reçue. Or, l'éducation de l'Espagne moderne a été celle de la monarchie absolue sous la race de Louis XIY. [Mouvements divers.)
Et maintenant , je voudrais appeler l'attention du Gouvernement sur un point qui touche plus directement au projet de loi que nous discutons. Certes, nous avons tous à cœur de ne pas refuser des secours nécessaires aux réfugiés; mais je crois que nous devons, autant qu'il est en nous, empêcher le nombre de s'en accroître indéfiniment, et il me semble qu'en ce moment nous pouvons être menacés d'un accroissement inunédiat, grâce au système suivi par le gouvernement espagnol à l'égard des provinces basques.
Vous savez. Messieurs, que la convention de Bergara, dont on s'est, avec raison, tant félicité, a stipulé formellement le maintien des fueros dans les provinces basques, de ces institutions vénérables et populaires qui existent depuis tant de siècles, que le peuple basque chérit avec une légitime et constante fidélité, et qu'il a défendues avec un courage si héroïque. Eh bien ! ces libertés sont aujourd'hui attaquées de toutes les manières; et comme si la Régence* n'avait pas assez d'embarras, elle semble prendre plaisir à exciter de nouvelles rancunes dans ces provinces qui forment une masse homogène de six cent cinquante mille individus, réunis par Tidentiié du langage et des mœurs, par l'analogie des institutions, et par une bravoure dont tout le monde a admiré, sous les deux bannières, les nombreuses et héroïques preuves. Je crois que, sans porter atteinte à la dignité et à l'indé- |)endanee de l'Espagne, la France a payé assez cher, par sa coopération armée et non armée, par les prohibitions si pe-
' La RégeDce était alors exercée par le général Espartero, duc de la Victoire, qui s'était substitué à la reine Christine, mère d'IsabeHe H.