‹ Œuvres de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 12 sur 142 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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Le lendemain de l'arrivée du fils de France , le prince de Gondé tint un conseil secret. H recommanda à M. le baron de Larochefoucauld , maréchal des logis , de veiller à la sûreté de M^' le duc de Berry : « Mais prenez garde qu'il ne s'en aperçoive , ajouta-t-il, « car il s'en fâcheroil. » C'est de la surveillance à la manière des héros : les balles sont plus faciles à conjurer que les poignards.

M^ le prince de Condé remercia S. A. R. M^ le comte d'Artois de la marque de confiance qu'il avoit bien voulu lui donner en lui envoyant son fils; il l'assuroit qu't/ prendrait leplus vif intérêt auxsuc* ch certains du jeune prince doué par le Ciel des plus heureuses dispositions^. M^le duc de Berry servit d'abord comme volontaire. M*"^ le prince de Gondé lui présenta les ofljciers les plus distingués de l'armée, et ceux qui avoient été blessés dans les campagnes précédentes. Le jeune prince se fit remarquer par son amour pour la discipline, et par sou empressement à se soumettre aux règlements militaires. Il ne se plaignoit jamais que des usages étrangers à la France. « Il « faut , s'écrioit-il , aller prendre les grosses bottes et tout l'attirail « d'un Prussien, moi qui suis François autant que possible ^ » Il étudioit les nouveaux et les anciens champs de bataille. Il visita Philipsbourg où périt le maréchal de Berwick , et le champ de Saltzbach où tomba Turenne. U vouloit assister aux moindres

» /îr^. 9, lib. II, c. I.

> Août 1794. Lettre du prince de Gondé à S. A. R. MoDSoigQCur le comte d'Artois.

t Lettre i M. le comte d^Uautefort.

affaires. Lorsqu'on lui représentoit qu'il se feroit blesser : « Tant a mieux, disoit-ii, cela fait honneur à une famille. » Il écrivoit & une femme : « La guerre va recommencer. Nous en serons, nous « autres princes. Il faut espérer, pour r honneur du corps, que « quelqu'un de nous s'y fera tuer. » Un billet de la m6me année < montre la galté guerrière du prince ; il est adressé au jeune tî- Gomte César de Ghastellux :

<c Votre aimable lettre m'a fait un grand plaisir, mon cher « Citar; je suis charmé du désir que vous me montrez d'imiter « votre prédécesseur , et d'entrer dans les Gaules ; vous y trouve- « riez des Yercingétorix , des Dumnorix en grande quantité; « mais je ne doute point que votre courage et la cause que vous « soutiendriez ne vous les fissent vaincre aisément. J'espère que « sous peu d'années vous pourrez vous montrer digne de votre « préd^esseur et de vos respectables parents. »

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