SUR ATTILA
Li nom d'Etzel n'esl évidemment que la forme tentonique du nom caucasien Attila. Les imprimés et les manuscrits ne varient point sur ce nom , trop connu des Romains pour qu'ils pussent l'altérer , et dont la composition et l'euphonie n'avoient rien d'étranger à leur oreille. Vous les voyez au contraire varier sans cesse dans les noms que leur ouïe saisissoit mal, et pour lesquels leur alphabet n'ofnroit pas de lettres composées. Ainsi ils écrivoieot Galseric, Gelseric, Gizeric , Genseric , etc. Le nom même de Hun s'altère ; on le trouve souvent écrit Chun t les partisans de l'origine chinoise des Huns pourront en tirer une de ces inductions empruntées des langues , dont on fait aujourd'hui trop de cas. La science étymologique peut sans doute Jeter quelque Jour sur l'histoire » mais elle a aussi ses syslèni^s souvent plus propres à brouiller les origines qu'à les démêler. Le philologue Ijf igant démootroit doctement que tous les idiomes de la terre dérivoient du bas-breton ; U lui paroissoit très probable qu'Adam et Eve parloient dans le paradis terrestre la langue qu'on parle à Quimper-Gorentin ; seulement 11 ne sa* Yoit pas au Juste si c'étoil avant ou après leur péché.
Pour revenir au nom d'Attila , la syllabe la n'est pas dans ce nom une adjonction latine : Je ferai voir que les anciennes langues barbares avoient une foule de mots terminés par la voyelle a. Etzel est si peu le nom primitif d'Attila , que même, dans un chant de VEdda, il est écrit jittil, en omettant la voyelle finale; Je citerai ce chant quand Je parlerai de la poésie des peuples septentrionaux.
Quoi qu'il en soit, on lira avec un extrême plaisir les notes suivantes sur le poème des Nibelûngen t Je les dois à la politesse et à Tobligeance de S. £xc. M. Bunsen , digne et savant ami de M. Niebuhr , ministre de S. M. le roi de Prusse A Rome , et dont une triste prévoyance de ravenir m'a fait cesser trop t6t d'être le collègue.