HENRI IL
De1M7à1559.
Les douze* années du règne d'Henri II ne furent que Tavantscène de cette nouvelle société qui se forma sous les derniers Valois, et qui ne ressemble plus à la société commencée sous Louis XI et achevée sous François I*'. Comme événements , vous remarquerez ; la bataille de Saint-Quentin perdue par le maréchal
de Saint-André ; la levée du siège de Metz dérendu par le duc de Guise; la prise de Thionville et de Calais par ce même prince, ce qui mit fin aux conquêtes d'Edouard III, et constitua nos ft*ontières militaires ; la ligue pour la défense de la liberté germanique entre Henri II , l'électeur de Saxe et le marquis de Brandebourg. La paix de Cateau-Cambresis , ouvrage du connétable de Montmorency, fit perdre à Henri II les avantages qu'il commençoit à reprendre sur les armes espagnoles.
Les autres événements sont : le mariage de Jeanne d'Albreti héritière de Navarre , avec Antoine de Bourbon , père de Henri IV ; le mariage de Marie Stuart avec François, dauphin; l'avènement de Marie au trône d'Angleterre, laquelle rétablit un moment la religion catholique et laissa sa couronne à une autre femme , la fameuse Elisabeth ; l'abdication et la mort de Charles-Quint.
Dans l'intérieur de la France , la persécution contre les réformés s'étendit et se régularisa par l'intervention de la loi : l'édit d'Escouen les punit de mort, avec défense d'amoindrir la peine; Henri II lit arrêter (1559) cinq conseillers du parlement de Paris, accusés d'être fauteurs d'hérésie : parmi ces conseillers se trouvoient Louis Faure et Anne Qubourg, qui osèrent reprochera Henri ses adultères , attaquer les vices de la cour de Rome , et annoncer que la puissance des clefs penchoit vers sa ruine. L'estrapade , ou les baptêmes de feu , consistoit à suspendre un protestant au-dessus d'un bûcher, à le plonger à différentes reprises dans la flamme en abaissant et en relevant la corde ; Henri II et Diane de Poitiers assistèrent au spectacle de ce supplice, comme passetemps. L'amiral de Coligny paroissoit ; les trois factions des Montmorency, des Châtillon et des Guise s'organisoient. Alors que l'esprit humain avoit un instrument pour multiplier la parole et répandre la pensée dans les masses; quand tout se pénétroit de lumière et d'intelligence , la monarchie , prête à vaincre les dernières libertés aristocratiques, sedonnoit par tous les abus et par tous les vices l'avant-goût du pouvoir absolu.
Henri II mourut d'une blessure à l'œil qu'il reçut de Montgomery dans une joute , et le règne de ce prince s'ouvrit par le duel de Jarnac et de la Châtaigneraie.
Hk ANALYSE RAÏSONNÉE