‹ Œuvres de M. le vicomte de ChateaubriandChapitre 22 sur 149 · MOEURS DES SAUVAGES · texte numérisé non relu

MOEURS DES SAUVAGES

Il y a deux manières également fidèles et infidèles de peindre les Sauvages de l'Amérique septentrionale : l'une est de ne parler que de leurs lois et de leurs mœurs , sans entrer dans le détail de leurs coutumes bizarres , de leurs habitudes souvent dégoûtantes pour les hommes civilisés. Alors on ne verra que des Grecs et des Romains ; car les lois des Indiens sont graves et les mœurs souvent charmairtes.

L'autre manière consiste à ne représenter que les habitudes et les coutumes des Sauvages sans mentionner leurs lois et leurs riiœurs; alors on n'aperçoit plus que des cabanes enfumées et infectes dans lesquelles se retirent des espèces de singes à parole

EN AMÉRIQUE. IÇS

humaine. Sidoine Apollinaire se plaignoit d'être obligé d'entendre le rauque langage du Gemiain el de fréquenter le Bourguignon qui se frottait les cheveux avec du beun^e.

Je ne sais si la chaumine du vieux Caton , dans le pays des Sablas, étoit beaucoup plus propre que la hutte d'un Iroquois. Le malin Horace pourroit sur ce point nous laisser des doutes.

Si Ton donne aussi les mômes traits à tous les Sauvages de TAmérique septentrionale, on altérera la ressemblance^ les Sauvages de la Louisiane et de la Floride difTéroient en beaucoup de points des Sauvages du Canada. Sans faire Thistoire particulière de chaque tribu , j'ai rassemblé tout ce que j'ai su des Indiens sous ces titres :

Mariages, enfants, funérailles; Moissons, fêtes, danses et jeux; Année, division et règlement du temps , calendrier naturel; Médecine; Langues indiennes; Chasse; Guerre; Religion; Gouvernement, Une conclusion générale Jait voir l'Amérique telle qu'elle s'offre aU' jourd'hui.

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