PARIS. JACQUERIE. PESTE
patience à bout *. Édouard y fit vœu, dit-on, de rendre la paix aux deux peuples. Le pape l’eu suppliait. Les nobles de France, ne touchant plus rien de leurs revenus, priaient le régent de traiter à tout prix. Le roi Jean sans doute pressait aussi son fils. Aux conférences de Brctigny, ouvertes le 1" mai, les Anglais demandèrent d’abord tout le royaume; puis ce qu’avaient eu les Planlagcncts (Aquitaine, Normandie, Maine, Anjou, Touraine). Ils cédèrent enfin sur ces quatre dernières provinces. Mais ils eurent l'Aquilaiiie comme libre souveraineté, et non plus comme fief. Ils acquirent ; au même litre ce qui entourait Calais, les comtes de Ponlhieu et de Guiues. et la vicomté de Montreuil. Le roi payait l’énorme rançon de trois miï- ; lions d’écus d’or, six cent mille écus sous quatre mois, avant de sortir de Calais, cl quatre ccut mille par an dans les six années suivantes. L’Angleterre, après avoir tué cl démembré la France, continuait à peser dessus, de sorte que s’il restait un peu de ! vie et de moelle, clic pût encore la sucer.
Ce déplorable traité excita a Paris une folle joie. Les Anglais qui l'apportèrent pour le faire jurer au Dauphin, furent accueillis comme des anges de Dieu. On leur donna en présent ce qu’on avait de plus précieux, des épines de la couronne du Sauveur qu’on gardait à la Sainte -Chapelle. Le sage chroniqueur du temps cède ici à l'entrainement général. «A l’approche de l’Ascension, dit- il. au temps où le Sauveur ayant remis la paix entre sou Père et le genre humain . montait au ciel dans la jubilation, il ne souffrit pas que le peuple de France demeurât affligé... Les conférence» commencèrent le dimanche où l’on chante à l'église : Cantate. Le dimanche où l'on chante : f'ocem jucunditatit, le régent et les Anglais allèrent jurer le traité à Notre-Dame. Ce fut une joie ineffable pour le peuple. Dans cette église et dans toutes celles de Paris, toutes les cloches mises en branle, mugissaient dans une pieuse harmonie ; le clergé chantait en toute joie et dévotion : Te Deutn laudamu»... Tous se réjouissaient , excepté peut-être ceux qui ' avaient fait de gros gains dans les guerres , par ! exemple les armuriers... Les faux traîtres, les brigands craignaient la potence. Mais de ceux-ci n'en 1 parlons plus 7. »
La joie ne dura guère. Cette paix, tant souhai-
! erant cum domino regente in boni copié, armisprotecti ! sc extra muros posuerunt, non mull um elongautes a fortalitiis et forsatis... Non fuit tune pnrliatum. Id., ibid.
2 N a xi ma par* bigarutn et curruum in vii* et itine- ! ribus irabre oimio madentihus remansit, equis de(ii cientibus. ld., ibid.
7 ld., ibid.. p. 127-128
tée, fil pleurer toute la Frauce. Les provinces que Ton cédait, ne voulaient pas devenir anglaises. Que l'adininistralion des Anglais Tût pire ou meilleure, leur insupportable morgue les faisait partout détester. Les comtes de Périgord, de Comminges, d' Armagnac, le sire d’Albrel, et beaucoup d'autres, disaient avec raison que le seigneur n'avait pas droit de donner scs vassaux. La Rochelle, d'autant plus française que Bordeaux était anglais, supplia le roi. au nom de Dieu, de ne pas l'abandonner. Les Rochellais disaient qu'ils aimeraient mieux cire taillés tous les ans de la moitié de leur cherance . et encore : « Nous nous soumettrons aux Anglais des lèvres, mais «le cœur jamais *. »
Ceux qui restaient Français n'en étaient que plus J misérables. La France était devenue une ferme de j1 * l'Angleterre. On n’y travaillait plus que pour payer 1 les sommes prodigicascs par lesquelles le roi s'était racheté. Nous avons encore, au Trésor des chartes, les quittances de ces payements. Ces parchemins font mal à voir; ce que chacun «1e ces chiffons représente de sueur, de gémissements et de larmes, on ne le saura jamais. Le premier (Si oct. 1360) est la quittance des dépens de garde du roi Jean , à dix mille réaux par mois *; cette noble hospi- j (alité, tant vantée des historiens, Édouard se la faisait payer; le geôlier, avant la rançon, se faisait compter la pistole. Puis vient une effroyable quiltanccdequalreccnlmilleécus d’or (même date). Puis, quittance de 200.000 écus d'or (déc.). Autre de 100.000 (1361 , Toussaint); autre de 200,000 encore , et de plus, de 57,000 moutons d’or , pour compléter les 200,000 promis par la Bourgogne (21 février). — En 1362 : 108.000; 30.000; 60,000; 200,000 3. — Les payements se continuent jusqu’en 1368. — Mais nous sommes bien loin d'avoir toutes les quittances. Les rançons de la noblesse moulaient peut-être à une somme aussi considérable.
Le premier payement n’aurait pu se faire , si le roi n’eût trouvé une honteuse ressource. En même temps qu'il donnait des provinces, il donna un de scs enfants. Les Visconli, les riches tyrans de Milan, avaient la fantaisie d'épouser une fille de France. Ils imaginaient que cela (es rendrait plus respectables en Italie. Ce féroce Galéas qui allait
1 Et disoienl bien les plus notables de la ville. « Nous aouerons 1rs Anglais des lèvres , mais 1rs cuers s'en mouvront jà. - Froissart , ch. 441 , p. Ï1Ü-2J0. — Les regrets des gens de Cahors ne sont pas moins touchants : Rcsponderunl flemlo et lamentando... quùd
ipsi non adinittcbaut domiuum regem Angliae, imô
dominus noster rex Franche ipsos dcrrliiupiebat tan- i
quàni orpbanos. Note communiquée par M. Lncabanr, j
à la chasse aux hommes dans les rues , qui avait jeté des prêtres tout vivants dans un four, demanda pour son fils, âgé de dix ans, une fille de Jean qui en avait onze. Au lieu de recevoir une dot, il en donnait une : trois cent mille florins en pur don, et autant pour un comté en Champagne. Le roi de France, dit Matlco Villani, vendit sa chair cl son sang 4. La petite Isabelle fut échangée , en Savoie, contre les florins. L'enfant ne sc laissa pas donner aux Italiens de meilleure grâce que la Rochelle aux Anglais.
Ce malheureux argent d'Italie servit à faire sortir le roi de Calais. Il en sortit pauvre cl nu. Il lui fallut, au 5 décembre (1360) imposer une aide nouvelle à ce peuple ruiué. Les termes de l'ordonnance sont remarquables. Le roi demande, en quelque sorte, pardon à sou peuple de lui parler d'argent. Il rappelle , en remontant jusqu'à Philippe de Valois, tous les maux qu'il a soufferts, /ui et son peuple; U a abandonné à V aventure de la bataille son propre corps et ses enfants ; il a traité à Brctigny, non pas pour sa délivrance tant seulement , mais pour éviter la perdition de son royaume et de son bon peuple. Il assure qu’il va faire bonne et loyale justice . qu’il supprimera tout nouveau péage, qu'il fera bonne et forte monnaie d’or et d’argent, et noire monnoie par laquelle on pourra faire plus aisément des aumônes aux pauvres gens. « Nous avons ordonné et ordonnons que nous prendrons sur ledit peuple de Langue d'oil, ce qui nous est nécessaire, et qui ne grèvera pas tant notre peuple comme ferait la mulution de notre monnoie, savoir : 12 deniers par livre sur les marchandises, ce que payera le vendeur, une aide du cinquième sur le sel , du treizième sur le vin et les autres breuvages. Duquel aide pour la grande compassion que nous avons de notre peuple , nous nous contenterons; et elle sera levée seulement jusqu’à la perfection et l’entérinement de la paix*.
Quelque douce et paternelle que fût la demaude, le peuple n'en était pas plus en étal de payer : tout argent avait disparu. Il fallut s’adresser aux usuriers, aux juifs, et celle fois leur donner un établissement fixe. On leur assura un séjour de vingt années. Un prince du sang était établi gardien de leurs privilèges, et il sc chargeait spécialement de
les Archives de Cahors, et le ms. de la Bibliothèque royale.
J Archives, Section Hist., J, G3Ü-G40.
3 Id., ihid., G4I.
4 Mat. Villaui, XIV, 017. Le roi de Frauce qui se veoit en danger, pour avoir de l'argent plus appareillé s’y accorda légèrement. Froiss,, IV, eh. 449, p. 79.
4 Ord.,111, p. 433.
LIVRE VI. - SUITE. ÉTATS GENERAUX. PARIS. JACQUERIE. PESTE. 1356-1361. 311
tes fafre payer de leurs dettes. Ces privilèges étaient excessifs. Nous en parlerons ailleurs. Pour les ac- . quérir, ils devaient payer vingt florins en rentrant dans ce royaume, et de plus sept par au. Un Manassé qui prenait en ferme toute la juivcric, devait avoir pour sa peine un énorme droit de deux florins sur les viugl, et d'un par au sur les sept *.
Les tristes et vides années qui suivent, 1361 , 1362, 1363, ne présentent au dehors que les quittances de l'Anglais, au dedans que la cherté des vivres, les ravages des brigands, la terreur d’une comète, une grande et effroyable mortalité. Cette fois, le mal atteignait les hommes, les enfants, plutôt que les vieillards et les femmes. Il frappait de préférence la force et l’espoir des générations. Un ne voyait que mères en pleurs, que veuves, que femmes en noir *.
La mauvaise nourriture était pourbeaucoupdans l'épidémie. On n’amenait presque rien aux villes. On ne pouvait plus aller de Paris à Orléans, ni à Chartres, le pays était infesté de Gascons cl de Bretons *.
Les nobles qui revenaient d’Angleterre cl qui se sentaient méprisés notaient pas moins cruels que ces brigands. La ville dcPéronne, qui s'était bravement gardée elle -même, prit querelle avec Jean d'Artois. Ce fut comme une croisade des nobles contre le peuple; Jean d’Artois, soutenu par le frère du roi et par la noblesse, prit à sa solde des Anglais; il assiégea Péronnc, la prit, la brûla4. Ils traitèrent de môme Chauny-sur-Oise, et d’autres villes. — En Bourgogne , les nobles servaient euxmémes de guides aux bandes qui pillaient le pays6. Les brigands de toute nation se disant Anglais, le roi défendait de les attaquer. Il pria Édouard d'en écrire à ses lieutenants 6.
' Ord., III, p. 407.
3 Contiu. G. de Nangia, p. 129.
3 Le* brigand* avaient surpris un fort près de Corbeil. Beaucoup d'homme* d'armes se chargèrent de le reprendre et tirent encore plus de mal au pays ; les défenseurs nuisaient plus que les ennemis; les chient aidaient les loups h manger le troupeau. Le Contin. de Nangis raconte la fable, p. 131.
4 Contin. G. de Nangis, p. 128.
4 Ils avaient de leur accord aucuns chevaliers et écuyers du pays, qui les meuoieut et conduisoieot. Froi&s., IV, eh. 402, p. 123.
6 Mais les pillards uVn tenaient compte et disoienl qu’ils faisoicul la guerre en l’ombre et nom du roi de Navarre. Id,, ibid., p. 122.
7 Si sc avisèrent ces compagnies , environ la mi- J varéme qu'ils se trairoient vers Avignon, et iroient voir le pape et les cardinaux. Id., ibid., p. 124.
• Si déplurent moult ces nouvelles à monseigneur I
(les pillards s’appelaient eux -mêmes les Tard- Venus; venus après la guerre, il leur fallait aussi leur part. La principale compagnie commença en Champagne cl en Lorraine , puis elle passa en Bourgogne : le chef était un Gascon, qui voulait, comme l’Archiprètre , les mener voir le pape à Avignon 7 , en passant par le Forci et le Lyonnais. Jacques de Bourbon , qui sc trouvait alors dans le Midi, était intéressé à défendre le Fores, pays de ses neveux et de sa sœur *. — Ce prince , généralement aimé9, réunit bientôt beaucoup de noblesse. Il avait avec lui le fameux Archiprétre, qui avait laissé le commandement des compagnies. S’il eût suivi les conseils de cet homme, il les aurait détruites. Étant venu en présence à Brignais , près Lyon, il donna dans un piège grossier, crut l'ennemi moins fort qu’il n’élail, l'attaqua sur une montagne, et fut tué avec son fils, son neveu, et nombre des siens (2 avril 1362) ,0. Celte mort toutefois fut glorieuse. Le premier litre des Capetsesl la mort de Robert le Fort à Rrisserte; celui des Bourbons, la mort de Jacques à Brignais : tous deux tués eu défendant le royaume contre les brigands.
Les compagnies u’avaient plus rien à craindre, elles couraient les deux rives du Rhône. Lu de leurs chefs s’intitulait : Ami de Dieu, ennemi de tout le monde". Le pape, tremblant dans Avignon, prêchait la croisade contre eux. Mais les croisés sc joignaient plutôt aux compagnies ,3. Heureusement pour Avignon , le marquis de Montferrat , membre de la ligue Toscane contre les Viscoiili , en prit une partie à sa solde, et les mena en Italie, où ils portèrent la peste. Le pape, pour décider leur départ, leur donna 30,000 florins cl l’absolution IS.
La mortalité qui dépeuplait le royaume, lui
Jacques tic Bourbon, pour tant qu’il avoit en gouvernement la comté de Forez, la terre à ses neveux. Froissnrt, IV, ch. 404, p. 129.
* Id., ibid., ch. 4C3. p. 120.
Id., ibid., ch. 405, p. 181-186.
— Le bel ouvrage de M. Allier u’est malheureusement pas encore parvenu à la mort de Jacques de Bourbon.
—Pour la date, voyez la discussion de M. Dacier. Id., ibid., 135.
" Id., ibid., ch. 466, p. 139.
13 Plusieurs s’en allèrent cette part , chevaliers , écuyers et autres, qui cuidoient avoir grands bienfaits du pape avecques les pardons dessus dit, mais on ne leur vouloit rien donner, si s’en part oient... et se mettoient en la mauvaise compagnie qui toudis croissoit de jour en jour. Id., ibid., cb. 409, p. 142.
13 Dont te roi Jean et tout le royaume furent grandement réjouis... mais encore en retournèrent assez en Bourgogne. Id.,ibid., p. 145.
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donna au moins un bol héritage. Le jeune duc I de Bourgogne mourut, ainsi que sa sœur; la première maison de Bourgogne se trouva éteinte : i la succession comprenait les deux Bourgognes, ' l'Artois, les comtés d’Auvergne cl de Boulogne. Le plus proche héritier était le roi de Navarre. Il demandait qu’on lui laissât prendre possession de la Bourgogne, ou au moins de la Champagne qu'il 1 réclamait depuis si longtemps. Il n’eut ni l’une ni l'autre. Il était impossible de remettre ces provinces à un roi étranger, à un prince si odieux. Jean les déclara réunies à son domaine ', cl partit pour en prendre possession, •• cheminant à petites journées et à grands dépens , et séjournant de ville en ville, de cité en cité, en la duché de Bourgogne J. »
Il y apprit, sans aller plus vite, la mort de Jacques de Bourbon. Vers la fin de l'année, il descendit à Avignon, et y passa six mois dans les fêtes. Il espérait y faire une nouvelle conquête en pleine paix. Jeanne de Naples, comtesse de Provence, celle qui availlaissé tuerson premier mari, se trouvait veuve du second. Jean prétendait être le troisième. Il était veuf lui -même; il n'avait encore que quarante-trois ans. Captif, mais après une belle résistance, ce roi soldat8 intéressait la chrétienté, comme François Ier après Pavie. Le pape ne sc soucia pas de faire un roi de France mailrc de Naples et de la Provence. Il donna à celle reine de trente-six ans un tout jeune mari , non pas un fils de France, mais Jacques d’Aragon, fils du roi détrôné de Majorque.
Pour consoler Jean, le pape l'encouragea dans ' un projet qui semblait insensé au premier coup d’œil, mais qui eût effectivement relevé sa fortune. Le roi de Chypre était venu à Avignon demander des secours, proposer une croisade. Jean prit la croix , et une foule de grands seigneurs avec lui 4. Le roi de Chypre alla proposer la croisade en Allemagne; Jean en Angleterre. Un «le ses fils,
1 Le roi de Navarre descendait d'une sueur alliée, j mais à un degré intérieur. Jean allègtia : Que la loi écrite ai dit qae outre les fila dm frères, nul lieu u'a représentation , mais remporte le plus prochain du sang et du cdlé. Secousse, Preuves de l’Hist. de Charles le Mauvais, t. It, p. SOI.
2 Froiss., IV, ch. 471, p. 148.
x f'oy. la Chronique en prose de Duguesclin, éd. de M. Fr. Michel, p. 105.
4 Après la prédication faite, qui fut moult humble et moult douce et dévote, le roi de France par grand’ dévotion emprit la croix... et pria doucement le pape qu'il lui vousist accorder. Froiss. , ch. 474, p. 157. 1
8 Causé joci, dit le sévère historien du temps. Cont. G. de Nangis, p. 139.
donné en otage, venait de rentrer en France, au mépris des traités. Le retour de Jean à Londres avait l’apparence la plus honorable. Il semblait réparer la faute de son fils. Quelques-uns prétendaient qu’il n’y allait que par ennui des misères de la Fronce, ou pour revoir quelque belle maltresse8. Cependant les rois d’Écosse et «le Danemarck devaient venir l’y trouver. Comme roi de France , il présidait naturellement toute assemblée de rois. Humilié par le nouveau système de guerre que les Anglais avaient mis en pratique, le roi de France eût repris, par la croisade, sous le vieux drapeau du moyen âge, le premier rang dans la chrétienté. Il aurait entraîné les compagnies, il en aurait délivré la France *. Les Anglais mêmes et les Gascons, malgré la mauvaise volonté du roi d'Angleterre qui alléguait son âge pour ne pas prendre la croix7, disaient hautement au roi de Chypre : « Que c’étoil vraiment un voyage où tous gens de bien cl d'honneur devaient entendre, et que s’il plaisoit â Dieu que le passage fût ouvert, il ne le feroit pas seul *. ■ La mort de Jean détruisit ces espérances. Après un hiver, passé â Londres en fêles et en grands repas9, il tomba malade, et mourut regretté, dit-on , des Anglais, qu'il aimait lui-même, ctauxqucls il s'étail attaché, simple qu’il était cl sans fiel, pendant sa longue captivité. Édouard lui fit faire de somptueuses funérailles à Saint-Paul de Londres. On y brûla, selon des témoins oculaires, quatre mille torches de doux© pieds de haut, et quatre mille cierges de dix livres pesant ,0.
La France, toute mutilée et ruinée qu'elle était, sc retrouvait eticorc, de l’aveu de scs ennemis, In tête de la chrétienté. C’est son sort à celte pauvre France, de voir de temps â autre l’Europe envieuse s’ameuter contre elle, et conjurer sa ruine. Chaque fois, ils croient l’avoir tuée, ils s'imaginent qu’il n’y aura plus de France; ils tirent scs dépouilles au sort , ils arracheraient volontiers scs membres sanglants. Elle s’obstine à vivre; elle refleurit.
6 Pour troirc hors du royaume toutes manières de gens d’armes appelées compagnies... et pour sauver leurs âmes. Froiss., p. 150.
7 Oil, dit le roi d’Angleterre, je ne leur debaltrois jamais, si autres besognes ne me sourdent, et à mon
j royaume dont je ne me donne garde. — Onques le roi | ne put autre chose impetrer fors tant qae toujours il fut liemeut et honorablement traité en diners et en grands soupers. Id., ch. 378, p. 107.
* Id., ch. 481, p. 177.
» Id., ch. 480, p. 175.
I# Quatuor millia torticia... quodlibet torticum de duodeeim pedibus in altitudine, etc. Contin. Guill. de Nangis, p. 133.