LIVRE 1. — ECLAIRCISSEMENTS
Muselle; en Suisse , les Lilobrigi el Lalobrogi ; en Bretagne , Duroôrira» et Oarobricar; kriobriga ( Ralisbonne ) dans l'Allemagne celtique.
Recherches de noms celtiques dans des noms de lieux ibériens(p. 100) : Eburao u Ebora, en Bétique et chez les Turduli , Edetani , Carpetani, Lusitani , et Ripepora en bétique, Aïmrohrilium chez les Lusitani ; en Gaule A’ônrohrica , Ebu ml u nu in ; sur la côte méridionale, les Eburones sur la rive gauche du Rhin , Aulerci Eburo\ices en Normandie; en Bretagne, Eftorac um, A'ôuracum; en Autriche, A'ôurodunum ; en Hongrie, A'ôwruin; en Lucanie, les Eburini? le Gaulois Epore dorix dans César?
Noms celtiques en Espagne.
Ebora, Ebura, Segohrigii (?) (p. 102). hesSegobriges sur la côte sud de la Gaule. Segobriga, villes espagnoles des Celiibêriens ; Segontia. Scgedunum. en Bretagne. Segodunum, en Gaule. Segestica , en Pannonie. — En Espagne, .Xemetobriga , ±Xem étalés. — Augustonenietum, en Auvergne, Xetnelacum , Xemetocenna, et les S entêtes dans la Germanie supérieure, Xetnausus , Nîmes; de l'irlandais .Xaomhtka , (V. Lluvd), sacré, saint?
( Page 100.) Recherches de noms basques dans les noms de lieux celtiques. En Bretagne: Le fleuve lias. Isca. Isurum. Verurium. Le promontoire Ocelum ou Ocellum. Sur le Danube , entre le Norique et la Pannonie, Astura et le fleuve Carpis. Frbatc et le fleuve l'rpanus. — En Espagne : Fia. Ose a. Esurir. Le mont Solorius. Ocelum chez les Cnllalci...
Noms basques en Italie : Iria apud Taurines , comme Iria Flavia Callaicorum ( iria , ville). — I lieuses , en Sardaigne, Troyens? Cependant d'habit et de mœurs lyhiens selon Pausanias. — Uria, en Apulie, comme Uriutn Turdulorum. — D’ra , eau : Urba Salaria Picenorum, tlrbinum , Urcinium de Corse, comme Urce Baslelanorum. — l/rgo , Ile entre Corse et Étrurie, comme Urgao en Bétique. — tJ senti ni en Lucanie, comme Urso, Ursao en Bétique.— Agurium en Sicile, Argiria en Espagne. — Astura, fleuve et lie près d’Antium. — D'asta . roche, Asta en Ligurie, et Asta Turdetanvrum , etc., etc., en Espagne. — Osei ne se rapporte pas à osca, il est contracté d'opici, opci (mais pourquoi opici ne serait-il pas une extension de oser?)
— Ausoncs, analogue à l’espagnol A usa et Ausetani. Cependant il se lie avec Aurunci. — Arsia , en (strie; A rsa, en Bœturie. — Basta, en Calabre, Basti apud Bastelanos. — Basterbini Salentinorum , de basoa , montagne, et de erbestatu, émigrer, changer de pays (erria). — Biturgiaen Étrurie, Bituris chez les Basques. — f/ispellum en Üinhrie. — Le Lamhrus, qui se jette dans le Pô, Lainbriaca et Flavia lambris Callaicoruin. — Murgantia, ville barbare en Sicile, Murgis, en Espagne, Suessa et Suessula, comme les Suessetani des llergèles. — CurensesSabinorum, Gurutis en Sardaigne, comme liltus Corenseen Bétique, et le proin. Curianum en Aquitaine. — Curia, même racine que
’ Laruspicine et la flûte «le» Vasron* étaient célèbres, tomme celle des Etrusques et Lydiens. Lamprid. Alcx.Scver.
— fatra tibia dans Solin, r. 5; — Scrvius, XI, An., et apud
urbs; urvus, curvus, urvare, urvum aralri; ip e*, &pô<u, KupUf, en Allemand aeren, labourer; en basque, ara-tu, labourer (âp* . labourer); gur, courbe; uria, iria, ville. — L'allemand ort est encore de celte famille. — Les Basques et les Romains seraient rattachés l'un à l’autre par l'intermédiaire des Étrusques. « Je ne dis pat pour cela que les Étrusques soient pères des Ibères, ni leurs fils '. »
(Page 122.)— C’est à tort que les Français el Espagnols confondent les Cantabres et les Basqqes (Oihenart les distingue); les Cantabres eu étaient séparés par les Autrigons , et les tribus peu guerrières des Caristii , el Varduli. Chez les Cantabres , commence ce mélange de noms de lieux , que je ne trouve point chez les Basques. Les Cantabres sont essentiellement guerriers, les Basques aussi , et même ils se vantaient de ne pas porter de casques (SII. It., III, 358. V, 197. IX, 232). Ceci prouve cependant qu’ils avaient plus rarement la guerre. Enfermés dans leurs montagnes, ils n'eurent point de guerres contre les Romains , sauf la guerre désespérée de Calagurris (Juven., XV, 93-110).
(Page 127.) — Les noms basques se représentent surtout chez les Turduli et Turdetani de la Bétique. Ainsi, il n'y avait aucune contrée de la Péninsule où les noms de lieux n'indiquassent un peuple parlant et prononçant comme les Basques d’aujourd'hui. Les formes infiniment variées de la langue basque seraient inexplicables , si ce peuple n’avait été formé de (ribus très-nombreuses, el dispersée* autrefois sur un vasle territoire. — Atzean signifie derrière, en arrière, el Atsea l’étranger ; ainsi ce peuple pensait primitivement que l'étranger n'était que derrière lui : ceci fait croire que . depuis un temps immémorial , ils sont établis au bout de l'Europe.
(Page 149.) — Les Celtes el les Ibères sont deux races différentes (Slrab., IV, 1, p. 170; II, 1,p. 189). Niebuhr pense de même contre l’opinion de Bullet, Vallancey, etc. Les Ibères étaient plus pacifiques; en effet, les Turduli , Turdetani. Ku lieu défaire des expéditions, ils furent repoussés du Rhône à l'Ouest. Ils ne faisaient pas de ligues avec d’autres par confiance en soi (Strab. III, 4, p. 138) ; aussi , point de grandes entreprises ( Florus, II, 17, 3), seulement de petits brigandages; opiniâtres contre les Romains, mais surtout les Celtibères ; poussés par la tyrannie des préteurs, par la fréquente stérilité des pays de montagnes, avec une population croissante, obligés d’éloigner d'eux annuellement une partie des hommes en âge de porter les armes; effarouchés par l’état de guerre permanent en Espagne, sous les Romains.
Le monde ihérion est antérieur au monde celtique... On n’en connaît que la décadence. Les Vaccéens (Diod., V, 34 ) faisaient chaque année un partage de leurs (erres, et mettaient les fruits en commun , signe d'une société hiea antique.
Nous ne trouvons pas chez les Ihères l'institut des druides et bardes. Aussi point d'union politique ( les
•uclorem veteris glossarii latino-grxci. Aujourd'hui ils n'ont pas «l'autre instrument ( comme les hiphlandcrs écossai* la cornemuse' Strabnn, I. III
lift
druides avaient un chef unique). Aussi moins de régu- [ Incité dans la langue basque, pour revenir des dérivés •fl* racines.
On accuse les Gaulois, et non les Ibères, de pédérastie (Athen., XIII, 79. Diod. V, 52); au contraire, les Ibères préfèrent l'honneur et la chasteté à la vie (Strab.. III, 4, p. 16-1). Les Gaulois, et non les Ibères, bruyants, vains, etc. (Diod., V, SI, p. 157), les Ibères méprisent ; la mort, mais avec moins de légèreté que les Gaulois , qui donnaient leur vie pour quelque argent ou quelques verres de vin 'Athen., IV, 40).
Diodnrc assimile les Celtihères aux Lusitaniens. Les : uns et les autres semblent avoir déployé dans la guerre la ruse, l'agilité, caractère des Ibères (Strab., III ). Mais les Celtihères craignaient moins les batailles rangées; ils avaient conservé le bouclier gaulois ; les Lusitaniens en portaient un moins long (ScutaUe citerions provincial , et cctratœ utterioris Hispaniœ cohortes , Cîes., de B. Gall., lib. 1, 39. Cependant id. , I, 48 ).
Les Celtihères avaient ( sans doute d'après les Ibères ) ! des hottes tissues de cheveux ( Diodnre : T ;«x- »v«< h» xnjfttiaç). Les Biscayens d'aujourd'hui ont la jambe serrée de bandes de laine, qui vont joindre l'atom» , sorte de sandale.
Les montagnards vivaient deux tiers de l'année d'un pain de gland (nourriture des Pelages, Dodone, etc.; glandent ructante marito. Juv., VI, 10). Les Celtihères mangeaient beaucoup de viande; les Ibères busaient une Ikmssod d'orge fermentée ; les Celtihères de l'hydromel.
Les ressemblances entre les Ibères et les Celtihères sont nombreuses , exemple : tout soin domestique abandonné aux femmes; force et endurcissement de cellesci , qu’on retrouve en Biscaye et provinces voisines (et j dans plusieurs parties de la Bretagne, comme à Ouessanl).
Chez les Ibères et Celles (Aquitaine?) Iiomnies qui dévouent leur vie à un homme (Plut., Serlor., 14. Val. Max., VII, C, e\t. 3. - Cæs., de B. Gall.). Val. Max., H, 1 6, 11, dit expressément que ces dévouements étaient particuliers aux Ibères.
(Page 158.)— Les Gaulois aimaient les habits bariolés et voyants; les Ibères, même les Celtihères, les portaient noirs de grosse laine comme des cheveux, leurs femmes des voiles noirs. En guerre , par exemple à Cannes (Polyb.,III, 114; Livius, XXII, 40), vêtements de lin blanc, et par-dessus habits rayés de pourpre (c'est un milieu entre le bariolé gaulois et la simplicité ihérienne ).
Ce qu'on sait de la religion des Ibères s'applique aussi aux Celtes, sauf une exception : Quelques-uns , dit Strabon (111, 4. p. 164), refusent aux Galliciens toute foi dans les dieux, et disent qu’aux nuits de pleine lune les Celtihères et leurs voisins du nord font des danses et une fête devant leurs portes arec leurs familles, en l’honneur d’un dieu sans nom. Plusieurs auteurs (dont Uumboldt semble adopter le sentiment) croient voir un croissant et des étoiles sur les monnaies de l'ancienne Espagne. Florcz (Médallas, I), rein arque que dans les médailles de la Bétique ( et non des autres provinces) , le taureau est toujours accompagné d’un
croissant (le croissant est phénicien et druidique; la vache est dans les armes des Basques, des Gallois, etc.). Dans les autres provinces, on trouve le taureau, mais non le croissant.
Nulle mention de temple, si ce n’est dans les provinces enTapport avec lus peuples méridionaux ( cependant quelques noms celtiques : exemple, iS’emeto&riÿa ). — Strab. (111 , 1, p. 138), dans un passage obscur où il donne les opinions opposées d’Artémidore etd'Fphore sur le prétendu temple d'Uercule au promontoire Cuneus, parle de certaines pierres qui, dans plusieurs lieux, se trouvent trois ou quatre ensemble, et qui ont rapport à des usages religieux (trad. fr.,1, 385, 111, 4, 5). Un voyageur anglais en Espagne dit qu'aux frontières de Galice on rencontre de grands tas de pierres , la coutume étant que tout Galicien qui émigre pour trouver du travail , y mette une pierre au départ et au retour. Arist. polit., VII, 2,6 : Sur la tombe du guerrier il>érien autant de lances ( ©€cit«©v«) qu'il a tué d'ennemis.
Nous ne trouvons pas chez les Ibères, comme chez les Gaulois, l'usage de jeter de l'or dans les lacs ou de le placer dans les lieux sacrés . sans autre garde que la religion. Au temple d’Hercule à Cadix, il y avait des offrandes que César fit respecter après la défaite des fils de Pompée ( Dio , c. 43 , 39 ) ; mais le culte de ce temple était encore phénicien , méine au temps d’Appien, VI, 2, 35. — Justin, XL1V, 3 : • La terre est si riche chez les Galiciens, que la charrue y soulève souvent de l'or; ils ont une montagne sacrée qu'il est détendu de violer par le fer ; mais si la foudre y tombe , on peut y recueillir l'or qu'elle a pu découvrir, comme un présent des dieux. » Voilà bien l'or propriété des dieux.
(Page 163.) — Pour les noms de lieux, point de trace des Ibères dans la Gaule non aquitaine, ni dans la Bretagne [ cependant voyez plus haut J quoique Tacite (Agric.,11 ) croie les reconnaître dans le teint des Silures, dans leurs cheveux frisés et leur position géographique. (Mannert croit les trouver en Calédonie.) Il faut attendre qu'on ait comparé le basque avec les langues celtiques. Espérons, ajoute M. de Uumboldt, qu'Ahlwardt nous fera connaître ses travaux...
(Page 160.)— Les anciennes langues celtiques lie peuvent avoir différé du breton et gallois actuel ; la preuve > en est dans les noms de lieux et de personnes, dans beaucoup d'autres mots, dans l'impossibilité de supposer une troisième langue qui eût entièrement péri.
(Page 173.)— On peut dire des Ibères ce que dit Mannert des Ligures, avec beaucoup de sagacité, qu’ils ne dérivent pas des Celles que nous connaissons dans la Gaule, mais que pourtant ils pourraient être une branche sœur d'une lige orientale plus ancienne.
(Page 175.) — Parenté fort douteuse du basque et des langues américaines.
‘ Nous n'avons pas cru qu'on pût nous blâmer de donner : un extrait de cet admirable petit livre qui n’est pas en- | core traduit.