‹ Œuvres de m. Victor Cousin. 4. ser. LittératureChapitre 33 sur 66 · ACADÉMIE DES SCIENCES MOR. ET POL. DISCOURS, ETC · texte numérisé non relu

ACADÉMIE DES SCIENCES MOR. ET POL. DISCOURS, ETC

Examen critique de l'école d'Alexandrie,

« 1° Faire connaître, par des analyses étendues et approfondies, les principaux monuments de cette école depuis le deuxième siècle de notre ère, où elle commence avec Ammonius Saccas et Plotin, jusqu'au sixième siècle, où elle s'éteint, avec l'antiquité philosophique, à la clôture des dernières écoles païennes , par le décret célèhre de 529, sous le consulat de Décius et sous le règne de Justinien ;

2° Insister particulièrement sur Plotin et sur Proclus;

3° Montrer le lien systématique qui rattache Técole d'Alexandrie aux religions antiques, et le rôle qu'elle a joué dans la lutte du paganisme expirant contre la religion nouvelle ;

4° Après avoir reconnu les antécédents de la philosol>hie d'Alexandrie, en suivre la fortune à travers les écoles chrétiennes du Bas-Empire et du moyen-âge, et surtout au seizième siècle , dans cette philosophie qu'on peut appeler philosophie de la renaissance ;

5*^ Apprécier la valeur historique et la valeur absolue de la philosophie d'Alexandrie ; déterminer la part d'erreur et la part de vérité qui s'y rencontrent, et ce qu'il est possible d'en tirer au profit de la philosophie de notre siècle. »

En même temps, l'Académie rappelle que quatre questions demeurent au concours ; une de jurisprudence pour l'année 1844 sur le contrat d'assurance et les nouveaux développements qu'il pourrait recevoir dans l'état de notre commerce et de notre industrie; une autre d'économie politique pour l'année 1842, sur les différents modes de loyer de la terre et leur influence sur ta prospérité agricole ; deux d'histoire pour la même année, la première sur l'his-

toiredu droit de stœcession des femrm^^ dans V ordre civil et politique, au moyen âge ; la seconde, sur l'histoire des états généraux en F rarwe, depuis 1^02 jusqu'en 1614. Ces questions sont développées dans le programme imprimé de cette séance. Enfin, le prix quinquennal de 5,000 fr., fondé par M. Félix de Beaujour, sera décerné en 1843.

Tous ces nombreux cx)ncours ont ranimé et répandu le ^'oût des sciences morales et politiques. En moins de dix années ils ont porté les plus heureux fruits. Combien de jeunes esprits qui s'agitaient à Tentrée des voies diverses de la science n'onl-ils pas appris à régler leur ardeur inquiète sous la discipline des graves études auxquelles les appelait rAcadémie! On nous doit déjà plus d'un livre utile, plus d'un homme distingué. Reconnaissons-le : le rétablissement de l'Académie des sciences morales et politiques a pu paraître en 1832 un acte hardi. Aujourd'hui, la nouvelle Académie est fondée dans ses succès mêmes; et par la sage direction imprimée à ses travaux, elle a surmonté toutes les défiances, elle a peu à peu conquis les suffrages de ceux-là mêmes qu'elle avait d'abord intimidés, et elle a pris définitivement sa place parmi ces grandes institutions du dix-neuvième siècle qui ser\^ent à la fois la cause de l'ordre et celle des lumières.

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