CONCOURS GÉNÉRAL DE
De l'origine des notions de substance et de cause , et en général
des notions nécessaires.
PROGRAMME
Nous ne pouvons éprouver actuellement une modification quelconcïue, sentir ou percevoir un phénomène au dedans ou au dehors de nous, sans attribuer le mode senti ou
PIÈGES RELÂT. A L'ENSEIGNEM . DE LÀ PHILOSOPHIE. 891
perçu à un sujet permanent , identique, appelé svJjistancef et sans le reporter en môme temps à une cause qui le prcH duity ou le fait commencer.
De là ces axiomes métaphysiques , qu'il ne peut y avoir de qualité sans un sujet d'inhérence, et que rien ne peut arriver sans une cause.
Ces caractères de nécessité et d'universalité de certaines notions, telles que celle de substance et de cause, ont frappé un grand nombre de philosophes, qui les ont distinguées, sous le nom à' idées innées ou sous des dénominations équivalentes, des produits artificiels et arbitraires de Tes^^rit humain, telles que les idées générales, collectives et abstraites, de classes, de genres, d'espèces.
D'autres philosophes ont nié cette distinction ; il ont soutenu qu'il n'y a dans notre esprit aucune notion qui n'y soit venue par les sens externes, et qui ne puisse se résoudre en sensation ou en pur signe, vide d'idée.
Les élèves seront libres d'adopter , sur cette question, l'opinion qui leur paraîtra conforme à la vérité.
S'ils préfèrent la première, ils détermineront les caractères invariables qui séparent les notions nécessaires et universelles , des idées générales adventices, collectives et artificielles.
Ces caractères déterminés , ils examineront s'il s'ensuit que les notions nécessaires et universelles soient innées, au sens où Leibnitz dit que l'entendement est inné à lui-même ; ou bien, s'il ne faut pas reconnaître un antécédent psychologique, un fait primitif d'expérience immédiate interne.
Et dans ce cas , "en quoi cette sorte d'expérience diffère de celle qui est acquise par le moyen des sens externes ; si elle a besoin de se répéter, etc.
Si les élèves préfèrent la seconde opinion^ Us feront voir
comment la sensation abstraite» généralisée» peut engendrer dans ses développements ce qu'elle ne paraît pas contenir dans sa nature» savoir : quelque chose de nécessaire et d'universel.
Et dans le cas où ils rejetteraient les caractères de nécessité et d'universalité attribués à certaines vérités» ils prouveront, ou bien que le genre humain n'admet pas ces caractères» ou bien qu'un saine philosophie peut se mettre en contradiction avec les croyances du genre humain.
Ils auront de plus à rechercher quelle a pu être l'origine de l'idée de nécessité.
Le prix fut remporté par M. Frank-Carré » aujourd'hui président de la cour royale de Rouen» et pair de France.