‹ Œuvres de M. Victor Cousin: 5. sér. Instruction publiqueChapitre 18 sur 52 · Le T · texte numérisé non relu

Le T

Ces cinq jeunes gens vont donc composer la conférence

spéciale de grammaire de cette année. Ils y entrent attirés et soutenus par les succès de leurs devanciers au dernier concours. Nos soins assidus les y suivront. Nous mettrons entre leurs mains tous les grands ouvrages de philologie grecque et latine, ces grammaires savantes, ces profonds lexiques qui ont valu à leurs auteurs une si juste renommée : mais de tous les secours que nous pourrons leur offrir, le plus utile sera toujours celui de leur habile maître de conférences.

Restent les sept autres élèves que le concours d'admission avait envoyés en première année dans Tordre suivant : MM. R., J., B., B., H., W. et F. En rapprochant les notes de MM. les maîtres de conférences et les rapports de MM. les examinateurs, je regrette d'avoir à déclarer que plusieurs de ces élèves n'ont pas tenu tout ce qu'ils

promettaient

Un seul a fait preuve d'un talent distingué. Évidemment destiné à la carrière de l'enseignement et par la nature de son esprit et par ses succès constants au concours général, reçu le second à l'école normale, M. Jacquinet * y est bientôt devenu le premier ; c'est un esprit mûr et sérieux, et ce serait déjà un professeur. Il nous rappelle, par l'heureuse harmonie de ses diverses qualités, par la justesse et l'élégance de son goût, un de ses devanciers à l'école, M. Havet ^, qui obtint, il y a un an, avec tant d'éclat, le premier rang à l'agrégation des classes supérieures des lettres. C'est là le modèle que semble se proposer M. Jacquinet; car bien qu'il ait suivi avec succès le cours d'histoire, et qu'en philosophie, à l'examen de fin d'année, il m'ait répondu

' Aujourd'hui maître de conférences à Técole normale. ' Docteur, agrégé de faculté , suppléant à la faculté des lettres de Paris, maître de conférences à l'école normale.

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d'une manière très-satisfaisante , sa vocation est surtout littéraire.

A la fin de Tannée, la plupart de ces élèves se sont présentés à la licence devant la faculté des lettres, d'après le nouveau mode institué par le conseil royal. Ce nouveau mode est un véritable bienfait pour l'école normale.

En accordant plus de temps et des séances distinctes pour chacune des compositions latine et française, le conseil royal a établi des épreuves sérieuses où les candidats peuvent montrer toute leur capacité. C'était un retour universellement demandé à l'ancienne pratique de la faculté des lettres. Il rendra, je l'espère, aux compositions latine et française leur ancien lustre; il remettra en honneur l'art d'écrire, autrefois si cultivé à l'école, et dont la tradition, depuis 1830, semblait presque perdue. Déplus, l'arrêté du conseil, en limitant pour les épreuves orales de la licence l'explication des classiques grecs et latins à un certain nombre de textes très-difficiles, mais où se renferme au moins le champ jusqu'alors illimité des questions, cet arrêté a indirectement fortifié notre règlement d'études, en donnant aux diverses conférences de la première année un but net et bien défini. Désormais, comme la troisième année prépare aux divers concours de ('agrégation, ainsi la première année aura pour objet direct de préparer à la licence ès-lettres. Compositions, explications des auteurs, tout l'enseignement sera dirigé vers ce but; et dans tous les genres les buts bien définis sont le secret des succès durables. Enfin l'arrêté du conseil décide qu'il y aura des rangs à la licence, usage emprunté à une ancienne et célèbre faculté de Paris, et qui entretiendra parmi les candidats du dehors et ceux de l'école une émulation salutaire pour tous.

Des élèves de première année qui se sont présentés à la

licence, quatre ont été reçus, et ils ont obtenu les premiers rangs, excepté pourtant le premier qui leur a été enlevé, et très-légitimement, par un autre élève de l'école normale, un élève de seconde année, M. Bouiller. Ayant été un des juges de cette licence, je puis déclarer qu'en parfaite conformité avec les résultats obtenus dans Fintérieur de l'école, la faculté a trouvé MM. B. et H. à une trèsgrande distance de M. Jacquinet, le seul candidat de cette année qui l'ait entièrement satisfaite. En conséquence de ces diverses épreuves, j'ai proposé au conseil royal d'admettre à passer en deuxième année dans l'ordre suivant les élèves ci-dessous désignés :

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