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INSTITUTION DES AGRÉGÉS

Rapport au roi et ordonnance royale.

D« 28 mtn 1840.

Sire,

Je viens proposer à Votre Majesté d'achever ce qu'elle a commencé, en appliquant aux facultés deà sciences l'institution des agrégés.

Les études scientifiques, déjà si florissantes dans l'université, recevront.de c-ette institution un nouveau lustre. Rajeunissement continu et mesuré de l'enseignement offi» ciel par l'introduction de cours nouveaux, agrandissement du cercle ordinaire des études presque sans aucuji frais pour le trésor public, tels sont les avantages qui recommandent l'agrégation dans toutes les facultés. II n'est pas besoin d'y insister particulièrement en ce qui regarde les facultés des sciences.

Le projet d'ordonnance que j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté établit pour les facultés des sciences, comme il a été fait déjà pour les facultés des lettres , trois ordres d'agrégés qui représentent les grandes divisions de

l'enseignement scientifique : des agrégés pour les sciences mathématiques, des agrégés pour les sciences physiques, et des agrégés pour les sciences naturelles.

L'agrégation des sciences pour les collèges royaux est une ^ : elle prescrit les mêmes conditions et les mêmes épreuves à tous les candidats. Mais plus on monte dans la science, plus le besoin de la spécialité se fait sentir. Les immenses développements que les sciences physiques et les sciences naturelles ont pris depuis un siècle, leur ont conquis le droit d^être spécialement représentées dans le haut enseignement, et par conséquent dans les concours qui en ouvrent l'entrée.

En même temps j'ai pensé que des points de contact devaient être ménagés entre toutes les parties des sciences, pour pénétrer les jeunes candidats de l'esprit commun des méthodes scientifiques. Si, dans l'âge mûr, on ne peut obtenir de grands succès qu'en se livrant presque exclusivement à une seule étude, dans la jeunesse il est bon d'avoir fait en quelque sorte le tour de toutes les sciences, et d'avoir amassé des trésors de connaissances diverses qui profitent plus tard à celle qui finit par obtenir notre préférence. Que deviendrait la physique mathématique, cette gloire de la France, si de sérieuses études de physique expérimentale ne se rencontraient dans le même esprit avec le talent de l'analyse? Sans une suffisante instruction en mathématiques, la cristallographie n'eût jamais été créée; et la géologie elle-même perdrait ses plus sûres lumières sans la connaissance du système général du monde.

C'est dans cette vue que l'ordonnance actuelle exige, par une sévérité bien entendue, que les candidats aux di-

■ Elle a été très-utilement divisée. Voyez plus haut, p. S3ô.

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verses agrégations des sciences justifient non-seulement du grade de docteur dans chaque ordre d'agrégation auquel ils se destinent, mais aussi des diplômes de licencié constatant leurs connaissances acquises dans les deux autres parties de l'enseignement scientifique. Je n'ai pas craint de demander aux jeunes naturalistes le grade de licencié en mathématiques, parce qu'il m'a paru de la plus haute importance de soutenir parmi nous une étude qui est le ferme et nécessaire fondement de l'édifice entier des sciences.

Il est une autre raison, d'un ordre moins élevé, mais décisive en pratique, qui motive cette disposition. Tous les jeunes agrégés pourront être appelés à prendre part aux examens de la faculté ; et leur participation y sera d'autant plus utile, qu'ils seront aptes à interroger les élèves sur un plus grand nombre de matières d'enseignement.

En conséquence, je prie Votre Majesté de vouloir bien donner son approbation au projet d'ordonnance ci-joint.

Je suis, avec le plus profond respect, etc.

Louis-Philippe, etc.

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'état au déparlement de l'instruction .publique;

Vu les dispositions des lois, ordonnances et règlements relatifs aux agrégés des facultés de médecine et aux suppléants des facultés de droit;

Vu notre ordonnance du 24 mars 1840, concernant les agrégés des facultés des lettres ;

Vu la délibération du conseil royal de l'instruction publique ;

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

11 est créé auprès des facultés des sciences trois ordres

d'agrégéS) correspondant aux grandes divisions de l'enseignement scientifique, savoir :

Des agrégés pour les sciences mathématiques;

Des agrégés pour les sciences physiques ;

Des agrégés pour les sciences naturelles.

Ces divers agrégés seront nommés au concours.

Un concours spécial sera institué pour chacun des trois ordres d'agrégation ci-dessus déterminés.

Un règlement, délibéré en conseil royal de l'instruction publique, détenninera la nature et le mode des épreuves de chaque concours.

Tout candidat à l'agrégation des sciences mathématiques devra justifier des grades de docteur ès-sciences mathématiques, de licencié ès-sciences physiques et de licencié èssciences naturelles.

Tout candidat ^ l'agrégation des sciences physiques devra justifier des grades de docteur ès-sciences physiques, de licencié ès-sciences mathématiques et de licencié èssciences naturelles.

Tout candidat à l'agr^tion des sciences naturelles devra justifier des grades de docteur ès-sciences naturelles, de licencié ès-sciences physiques et de licencié ès-sciences mathématiques K

' Une dôcisioii royale en date du 16 mai 1840 porte que, pour les concours qui s'ouvriront le 20 septembre prochain, les candidats n*auroht à justifier que du grade de docteur, correspondant à Tordre d'agrégation auquel ils se destinent; cette disposition toute transitoire a paru indispensable pour un premier concours auquel les candidats n'ont pu se préparer suffisamment.

Les dispositions diverses de notre ordonnance du 24 mars 1840, sur les agrégés des facultés deslettres, sont applicables aux agrégés des facultés' des sciences.

Notre ministre secrétaire d'état au département de Finstruction publicpie est chargé de Texécution de la présentt^ ordonnance.

Fait au palais des Tuileries, le 38 mars 1840, etc.

Règlement des concours pour les places d'agrégés dans les focullôs

des sciences.

Do7avrillSA0.

*Le conseil royal ,

Sur la proposition du ministre, grand-maitre de l'université;

Vu Tordonnance royale du 28 mars 1840, qui institue des agrégés dans les facultés des sciences.

Vu l'ordonnance royale du 24 du même mois, relative aux agrégés dans les facultés des lettres;

Vu le règlement du 31 mars pour les concours aux places d'agrégés dans les facultés des lettres ;

Arrête ainsi qu'il suit le règlement des concours pour les places d'agrégés dans les facultés des sciences :

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