METAIRIE
Un baudet maltraité se lamentoît sans fin *" Sur son malheureux sprt : Bon ? lui dit un mâtin , A quoi sert ton courroux contre la race humaine ? S'affliger! mon ami , c'est inutile peine.
Car tout n'en va pas moins son train.
J'ai passé, coinme toi , mes^Aus belles années * A murmurer contre les destinées ; Mon état n'en yaloit pas mieux.
Et j'étois détesté de toute mon engeance Tant mon esprit étojt hargneux.
J'ai réfléchi , «ets-toi ^e mon expérience t Vois-tu f à bas mon maître , excellent laboureur , I^alyétu, mal nourri, travaillant dès l'aurore.
Qui pourtiant^ chante de bon cœurf Avçc tous ses enfens le soir il rit encore , Sans songer que malgré les services qu'il rend , Devenu vieux , infirme , chancelant ; De la misère il aura tout à craindre :
Voyant de près ses n^aux> je n'ose plus meplaix^dre,
FABLE CXXXtV.