FABLE CXXXV
L'HOMME ET LE CHAMEAtf.
ijE conducteur, dlt^on, d'un superhe cham^u ^ Ije promenoit en France au milieu d'une foire Disant aux curieux, voyez comme il est beau I Ce n'est pas tout, ses ayeux font sa gloire.
De ce chameau , messieurs , voici L'histoirç* En ligne droite il vient de celui que montoit Notre prophète Mahomet Bans sa caravane première.
La fortune souvent du commerce est l'eiFet;
Au prophète il* valut ridie épouse^et bien* chère. (^)
Mais je reviens à mon chameau fameux , Digne héritier des mœurs de son antique- père. Utile en travaillant il est toujours heureux, Fidèle à' son devob et souple et vigoureux , Oui, portant sur son dos marchands et fortes sommes. L'animal ennuyée >^lui dit: mais dans ces lieux . Tous les gens que je vois ne: sont ils pas dès hommes Qui n'ont en ces climats aneuu besoin de moi î A quoi bon Jeur conter ma- giénéalogie , Les soins et les travaux^ui partagent ma vie, La force et les ti^ns qu'il faut dans mon emploi? • Xnutile délaii»ne me sembk pas sage« Vantez leur ma docilité , Ha patience et ma sobriété, Car dans tous les puys l^oomtti en doit faire usage.
FABLE GXXXVI.
tes DEUX PRINCES D'ASIE.
JDextx princes duThibet disputoient une terre
Qui contenoit mines d'or et d'argent.
Leur peuple murmuroit , il étoit mécontenf« Pour terminer plutôt cette cruelle guerre
O Cadjéje oU'Cadrsja) ricl^b veure^ tira MaHomet de la misère en répousant. Quoifoeplua âgée que Jul , il la préféra toujours à se» autrics femmes. Lorsqu'elle mourut, pour mieux eonserver le souvenir de celle qu'il avoit tant ctérie, il voulut qu'ellefût enterrée sous le lit où il couchoit.
Qui depuis très long-i^mps^ésoloit leuraétafo^ Ils convinrent chacun de vuider leuvs débats Sur ce même tefraîn, sujet de jalousie ]Et voisin d'un volcan : un combat singulier
A Fundes d'eux doit arracher la vie, A l'autre le trésor restera tout entier < li'espoir d'être vainqueur ranime leur furie : Xia soif de l'or , hélas ^ rend l'homme plus méchant. Tandis qu'ils combattoient avec acharnement . L.a terre tremble, s'ouvre, elle engloutitaurl'heiiffe Les deux héros ambitieux , Et ce trésor objet de tous leurs vœux , Devient à jamais leur demeure.
Leur perte n'excita ni regretâ ni douleur.
Sur les débrisd'un roc , le bramin leplus^sage *- Pe sa plumetraçale récit du malheur.
On y lisoit ces mots: « cène fut pas dommage j « Ces deux fous en voulant posséder davantage .«,
c Toujours de leui:^ sujets oublioient le bonheur. »