LES AMOURS INFORTUNÉS
d'Henri II i roi ^Jtngleierre et de la belle Eosamonde^
J E veux chanter de Hosamonde £t les plaisirs et les malheur^ On la nommoit rose dt» moncle.
Car de rose ayx>xt les couleurs, Ff aîche comme la plus nouvelle , Henri la vit et l'admira ; * Grâce et douceur étoient en elle j Il la connut et l'adora.
£lle comptoit rester sévère Autant que llionne'ur l'exigeoit :
Mais bientôt elle fut sincère Autant qu'amour le demandoit.
Qui douteroit de sa tendresse?
Henrî cachoit qu'il étoit roû Qui n'excuseyoit sa. foiblesse ?
Elle |iimoit de si bonne foi.
Dans le vieux château de son père Rosanronde seule habitoit.
Tousses parens faisoient la guerre Pour ce roi qui les trahissoit.
Pouvoir, grandeur il fait connoître Pour l'enlever à ce séjour ; Tout l'éclat qu'elle voit paroître La fait rougir de «on amour.
Celui qu'elle aime et qui l'adore Ne peut devenir son époux.
Des droits sacrés d'Éléonore Son cœur est honteux et jaloux^ Devoir, tendresse paternelle, La font balancer vainement :
Hélas { son père étoit loin d'elle « Et prè^ d'elle étoit son amant
Elle aimoit trop pour §e défendre , Henri îut.mkeâ/bp^-dc son sort.
Chez ses païens il fait répandre Le triste et faux bruit de sa mort.
Je quitte pour toi tout le monde »
Dit elle , ah ! pour prix^e ma foi Que le bonheur de Kosamonde Ne soit jamais su que de toi !
Dans une retraite agréable Rosamonde passoit ses jours.
Et la croyan^inipénétrable , Ne vivoit que pour les amours.
SI le chagrin fait à son père ,
Venoit souvent la désoler , ^
D'Henri Fardeur tendre et sincère PouToit toujours la consolei:.
L*œil perçant de la jalousie Découvre enfin tous leurs secrets t Et la plus noire barbarie Dans cet asyle trouve accès.
Du roi la trop cruelle épouse Va briser leur tendre lien :
Sans aimer elle étoit jalouse»
Un f orCait ne lui coûta rien.
Ije prince appelU parla gloire ^ Iioin de celle qui Fadoroit , Vole en béros à la victoire.
Et va perdre ce quil aimoit.
L'édat de sa rose chérie. Va <k)nc pour jamais s'effacer:
Contre son cœur sa douce ami© Jamais ne pourra le presser»
Pendant cette absence iktolo La reine entre par trahison Dans Fasyle de sa rivale , Et se venge par le poison.
D'amour je dois mourir victime , Dit Kosamonde en «oupirant ; L'amour, hélas , fut mon seul crime Et j'aime encore en expirant.