PORTRAIT DES MARIS
Aia des TrenMeurs»
Uk amant lé^r, frivole ,1 D'une jeune enfant raffole ; Doux regards , belle parole Le font choisir pour époux :
Soumis quand l'hymen s'apprête, i
Tendre le jour de la fête.
Le lendemain il tient tête; U faut déjà filer doux.
Sitôt que du mariage
Le lien sacré l'engage ^
Plus de vœux, pas un hommage; \
Plaisirs, talens, tout s'enfuit;-
En vertu de l'hymenée ,
Il vous gronde à la journée.
Bâille toute la soirée,
Et ronfle toute la nuit.
Sa contenance engourdie.
Quelque triste fantaisie ,, Son humeur , sa jalousie , Oui , c'est-là tout votre bien ,
Et, pour avoir l'avantage De rester dans Fesclavage, Il faut garder au volage Un cœur dont il ne fait rien.
CHANSON
J^ E voulant pas aimer, je n'osois voir Clitandre ; A ses charmes , un jour, je craignoîs de céder; J'égarai ma houlette, il vint pour me la rendre :
Il fallut bien le regarder. «S'^»
11 s'assjt près de moi sous un épais feuillage. Et reprenant sa lyre , i4 se mit à chanter ; Sa voix de Philomèle îmifoit le ramage r
Pouvois- je ne pas l'écouter t Bis*
Il répéta cent fois, si j'ai bonne mémoire :
L'union de deux cœurs est le bonheur parfait f En ce moment , hélas ! comment ne pas le croire?
Je sentois ce qu'il me disoit. Bis»
T^ous étions seuls alors dans le fond du bocage , Il tombe à mes genoux , il demande un baiser ; Je le donnai de peur qu'il n'en prît davantage :
Aurois-je pu le refuser? BiSti
( i8 ) ROMANCE. *
OTLVANDHE avoit SU m'enflamme^.
Mais il me quitte pour Glycëre ; C'est l^i seul que je puis aimer :
Four l'oublier, comment donc faire f
S'il revient chanter dans ces bois ^ Je fuirai pour ne pas l'entendre i Mais non , du charme de sa yoix .
Mon cœur ne pourra se défendre*
Aimahles hahitans des airs , Qui gazouillez sous le feuillage f Kanimez alors vos concerts ; Qu'ils couvrent la voix du volage*
Vqus, mon chien, qu'il caressoit tant^ Près de mol gardez votre place , Pïe cherchez plus cet inconstant; I^'en retrouvez jamais la trace.
Et toi , berceau délicieux.
Qui fus si cher à ma tendresse y
I^e favorise point les feux
De Sylvandre et de sa maîtresse*
Si , pour récompenser sa foi , Glycère y suivoit le par j use , Berceau charmant , dépouille-tot "De tes fleurs et de ta verdure.