‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 143 sur 177 · PORTRAIT DES MARIS · texte numérisé non relu

PORTRAIT DES MARIS

Aia des TrenMeurs»

Uk amant lé^r, frivole ,1 D'une jeune enfant raffole ; Doux regards , belle parole Le font choisir pour époux :

Soumis quand l'hymen s'apprête, i

Tendre le jour de la fête.

Le lendemain il tient tête; U faut déjà filer doux.

Sitôt que du mariage

Le lien sacré l'engage ^

Plus de vœux, pas un hommage; \

Plaisirs, talens, tout s'enfuit;-

En vertu de l'hymenée ,

Il vous gronde à la journée.

Bâille toute la soirée,

Et ronfle toute la nuit.

Sa contenance engourdie.

Quelque triste fantaisie ,, Son humeur , sa jalousie , Oui , c'est-là tout votre bien ,

Et, pour avoir l'avantage De rester dans Fesclavage, Il faut garder au volage Un cœur dont il ne fait rien.

CHANSON

J^ E voulant pas aimer, je n'osois voir Clitandre ; A ses charmes , un jour, je craignoîs de céder; J'égarai ma houlette, il vint pour me la rendre :

Il fallut bien le regarder. «S'^»

11 s'assjt près de moi sous un épais feuillage. Et reprenant sa lyre , i4 se mit à chanter ; Sa voix de Philomèle îmifoit le ramage r

Pouvois- je ne pas l'écouter t Bis*

Il répéta cent fois, si j'ai bonne mémoire :

L'union de deux cœurs est le bonheur parfait f En ce moment , hélas ! comment ne pas le croire?

Je sentois ce qu'il me disoit. Bis»

T^ous étions seuls alors dans le fond du bocage , Il tombe à mes genoux , il demande un baiser ; Je le donnai de peur qu'il n'en prît davantage :

Aurois-je pu le refuser? BiSti

( i8 ) ROMANCE. *

OTLVANDHE avoit SU m'enflamme^.

Mais il me quitte pour Glycëre ; C'est l^i seul que je puis aimer :

Four l'oublier, comment donc faire f

S'il revient chanter dans ces bois ^ Je fuirai pour ne pas l'entendre i Mais non , du charme de sa yoix .

Mon cœur ne pourra se défendre*

Aimahles hahitans des airs , Qui gazouillez sous le feuillage f Kanimez alors vos concerts ; Qu'ils couvrent la voix du volage*

Vqus, mon chien, qu'il caressoit tant^ Près de mol gardez votre place , Pïe cherchez plus cet inconstant; I^'en retrouvez jamais la trace.

Et toi , berceau délicieux.

Qui fus si cher à ma tendresse y

I^e favorise point les feux

De Sylvandre et de sa maîtresse*

Si , pour récompenser sa foi , Glycère y suivoit le par j use , Berceau charmant , dépouille-tot "De tes fleurs et de ta verdure.

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